Au mois d'Eloul

 

« …Droites sont les voies d’Ha Chem, les justes y marchent fermement, les pécheurs y trébucheront. » (Hochéa, 14-10), tous les évènements qui atteignent et affectent notre compréhension cérébrale ou nos sentiments, sont les produits de la volonté du K’B’Hou, et traduisent sa vive intention de nous instruire de Ses voies.

« …Droites sont les voies d’Ha Chem… » : Lorsque l’on questionne un passant afin de connaître la direction à prendre pour rejoindre tel endroit, et qu'il nous répond, tout droit, cela signifie qu’il ne faut ni tourner à droite, ni tourner à gauche.

« …Les justes y marchent… » : Sur le terrain spirituel, une progression convenable est l’élévation.

« …Les pécheurs… » : Leur choix en fait des pécheurs.

« … Y trébucheront. » : Ils trébuchent sur le chemin que leur a tracé Ha Chem, confondant le mensonge et la vérité.

Le libre-arbitre n’est pas un facteur d’erreur, la responsabilité de nos choix repose entièrement sur nous et nous déterminons en fonction des choix que nous faisons quel type d’individu nous serons. Il n’y a pas de compromis entre les deux options qui se présentent, et le résultat de notre décision engendre une poussée, ou une régression, il n’y a jamais d’état stationnaire. Il y a aussi des personnes dont les actes seront parfois positifs et parfois négatifs, un certain laps de temps elles se conduiront en rapport avec la vérité et à d’autres moments elles s’inclineront devant leurs mauvaises inclinaisons, selon les critères du choix qu’elles auront effectué, elles seront à ce stade considérées justes ou pécheurs, mais jamais un peu pécheur et un peu tsadik en même temps.

Notre mission durant ce mois d’Eloul, particulièrement propice au renforcement de nos liens spirituels avec le Créateur, est de redoubler d’énergie, et de commencer à agir, à mettre en pratique une série d’actions et de commandements utiles à notre développement, de nous hisser vers les échelons supérieurs en œuvrant de façon constructive, en dépit du fait que peut-être, ces bonnes résolutions ne correspondent pas encore à notre niveau réel, comme prendre sur soi de ne plus acheter son pain dans une boulangerie non cachère, alors que l’on sait pertinemment que le reste de l’année, on n’y prêtera aucune attention…L’important ici est de créer un précédent qui prendra la force d’une habitude dans le futur, opérant un changement au fond de notre cœur, un désir puissant de nous améliorer et de poursuivre notre retour à Dieu.

Le rav Desler, au cours de cet exposé qu’il présenta à la yéchiva de Ponovich, se demanda quelle était la validitè d’une quantité de gestes et d’ actes religieux quotidiens que nous faisons chaque jour automatiquement, sans y réfléchir, sans l’intime conscience de leur signification, leur accordant une résonnance presque extérieure au domaine divin, et sans qu’ils provoquent en apparence, une aspiration sincère de modifier nos attitudes et de nous distinguer dans le travail que le K’B’Hou nous a confié.

Il donna deux réponses contradictoires :

-D’un coté, nous controns des influences néfastes qui souhaitent nous gouverner en les précédant par ces actions, ceci  durcit notre détermination, et quand nous devons sélectionner un choix qui concerne notre salut spirituel, nous évitons ainsi de tomber dans les mains du tentateur.

-Plus encore, il est écrit dans les ‘Pirkey-Avots’( P2, M2), « il est bien de combiner l’étude de la Tora et l’exercice d’une profession ce qui fait oublier la tentation de fauter », le travail est une activité purement matérielle, et pourtant, associé à l’étude, il nous protège du mauvais penchant.

- Egalement, il est mentionné dans notre tradition que les commandements, et à plus forte raison, l’étude de la Tora, ont une répercution profonde sur l’âme, même quand on les accomplit avec des pensées très éloignées de l’inspiration souhaitèe, réveillant un processus d’intérêt interne qui finira par induire une harmonie entre les motivations, le comportement, et les conditions mystiques exigées au préalable.

Voici donc trois constations dont l’analyse révèle de solides raisons de persévérer, malgré l’aspect extérieur, et la concrétisation trop matérialiste de nos bonnes actions !

En revanche :

-Le prophète Ychaya annonce : « …Puisque ce peuple ne me rend hommage que par sa bouche et ne m’honore que de ses lèvres, et qu’il tient son cœur éloigné de moi, et que sa piété à mon égard se borne à des préceptes d’hommes, à une leçon apprise…Je vais continuer à faire avec ce peuple des choses surprenantes, inouïes, où la sagesse des sages restera court, où l’intelligence de ces gens d’esprit se voilera. » (29-13,14), nous voyons ici que si les commandements sont appliqués sans entrain, sans idéal, et seulement telle une rengaine rabâché, la sagesse disparaît du sein du peuple d’Israël. Cette affirmation est tout le contraire de ce que nous avons résumé plus haut.

-Ces paroles d’Avraham sont fort connues : « c’est que je pensais : pour peu que la crainte de Dieu ne règne dans ce pays, ils me tueront à cause de ma femme. » (20-11), ainsi, alors que ces philistins sont considérés comme des gens droits et agissant selon un savoir-vivre fin et délicat (consulter les versets au-dessus), Avraham témoigne que cela ne les aidera pas à transformer en réalité, le fondement de leur nature interne, et qu’il les soupçonne de vouloir le tuer. C'est difficile à comprendre, pourquoi leur bonne conduite n'a-t-elle pas de net impact sur leur fontionnement intérieur?

Premièrement, la concentration et les efforts que l'homme dépense, quant il entreprend une action d'ordre physique, ont le pouvoir de l'éloigner de ses dangereux appétits et de l'y soustraire, mais à cause du caractère matériel de ce genre d'action, il est entrainé loin, par le même mouvement, de sa propre spiritualité et de la Tora.

Deuxièmement, les occupations professionnelles, et le savoir-vivre ne peuvent modifier la structure interne de l'homme et l'amener à adopter des attitudes vraiment meilleures, que s'il s'adonne à l'étude de la Tora régulièrement. C'est une règle indispensable pour atteindre les degrés plus élevés dans le service de Dieu.

Troisièmement, qu'en est-il des actes commis sans intention de sanctifier ou sublimer le Saint Nom? Deux niveaux se présentent: L'un s'oppose à la victoire de l'âme, et il est écrit:' …La sagesse de ses sages sera perdue…", et l'autre la soutient comme le souligne le Talmoud de yerouchalaim: si tu t'obstines, tu verras que petit à petit tu feras les choses pour l'honneur du Saint Nom.

La différence entre ces deux positions est très grande et elle est la crainte de Dieu C'est ce qu'Avraham sous-entend: "… Pour peu que la crainte de Dieu ne règne dans ce pays…ils me tuerons…" Si au fond du jardin secret de l'homme,croissent les racines vives et musclées de crainte et de respect envers Dieu, même ses actes ou ses gestes les plus banals en seront fortifiés et en retour, influenceront son fort intérieur. Et s'il en est dépourvu, tous ses actes venant du dehors, ne feront que le tenir à distance de la Vérité et de la Lumière.  (extrait du livre du Rav Dessler - Mihtav Leeliahou)

Eloul se trouve devant nous plein d'opportunités, profitons-en!

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