Chavouôt

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Le traité ‘pessahim’ (68-b) expose une querelle entre Rabbi Elyézer et Rabbi Yéhochoua ; Rabbi Elyézer est d’avis que yom tov doit être consacré, soit entièrement à HaChem, on s’assoit et on étudie, soit nous être entièrement consacré, on mange et on boit. Rabbi Yéhochoua pense quant à lui, yom tov doit se partager, on mange et on boit une partie du temps, et puis on s’assoit et on étudie. Rabbi Elazar dit : tous sont d’accord en ce qui concerne la fête de Chavouôt, qu’une partie doit nous être également consacrée ; pour quelle raison ?  C’est le jour où nous reçurent la Tora (il faut que ce jour se distingue par un sentiment de joie, et n’ai pas l’air pesant, Rachi).

 

Cette réponse ne manque pas de réveiller notre curiosité ! A l’inverse, cette commémoration du don des tables de la loi et des commandements, ce jour justement par excellence, ne devrait-il être destiné qu’à l’étude de la Tora ? Allons, même les philosophes grecs préconisèrent que l’objet de la création de l’homme fut de rendre son intellect si pointu, que seule une stérilisation complète de tous les parasites matériels autour de lui pourrait garantir une ascension vers les cimes de la pure raison.

 

L’intelligence n’est aucunement sensitive et appartient au domaine spirituel, contrairement au corps, mais puisque l’homme est conçu de ces deux assemblages, la matière et l’esprit, il est capable de percevoir son intelligence grâce aux matériaux qui le constituent, comme il est écrit : « HaChem façonna l’homme, poussière détachée du sol, fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, l’homme devint un être vivant. » (Béréchit, 2-7), c'est-à-dire que ce subtil mélange d’argile et d’esprit produisit cette chose unique au monde que l’on dénomme un être vivant, qui possède en surplus du reste de la création la parole et la connaissance.

 

Et ainsi nous interprétons le verset suivant : « Reconnais à présent, et imprime-le dans ton cœur, qu’HaChem est Dieu… » (Dévarim, 4-39), il n’est pas suffisant de reconnaitre intellectuellement (l’existence d’HaChem), ce savoir doit aussi se transmettre, s’imprimer parmi les sens corporels. Plus loin (6-5), il est dit : « Tu aimeras Hachem, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme… », cependant, il n’est pas dit ‘de toute ton intelligence’…

Il ne sera pas inutile de clarifier ce point afin de comprendre le paradoxe qui nous préoccupa dès le départ.

Nos sages ont enseigné que lorsque nous disons « Tu aimeras… » nous ignorons comment aimer HaChem, et l’Ecriture nous répond « Ces devoirs que je t’impose aujourd’hui seront gravés dans ton cœur. » (6-6), que tu saches qui est ton créateur. Comme cet ordre est conditionné par l’injonction « Tu aimeras… De tout ton cœur… », mais pas ‘de toute ton intelligence, ce qui signifie que tu vas aimer Hachem à l’aide des sentiments de ton cœur, et ces sentiments  proviennent et sont associés à la constitution matérielle du corps, et il n’est donc pas étonnant que nous nous interrogions, comment aimer Hachem ? comment ce morceau de vilaine terre grasse peut-il vraiment aimer Hachem ? L’Ecriture nous revoie au prochain verset : « Ces devoirs… seront gravés dans ton cœur. », en alimentant ton cœur, qui est la base de tes instincts, de l’épice que tu reçu de la main d’HaChem, qui est la Tora, tu peux atteindre cette situation que tu « …Aimeras HaChem ton dieu de tout ton cœur… ».

 

En conséquence, le jour de Chavouôt, malgré ce qu’en apparence, nous aurions été fortement amenés à penser que ce jour devait exclusivement se consacrer à l’étude, et tourner le dos aux gourmandises et aux plaisirs de la table, nous découvrons que la Tora est un outil qui permet à l’homme de servir d’aimer HaChem tant dans l’étude, que dans la nourriture et la boisson, en unissant ses deux penchants extrêmes, et ceci est l’allusion que fit Rabbi Elazar en disant : Tous sont d’accord, que durant la fête de Chavouôt, il est possible qu’une partie nous soit réservée, car sans nul doute, en buvant et en mangeant nous servons autant HaChem, et justement, ce jour particulier où nous reçurent la Tora est le plus propice à honorer le vaste dessein d’HaChem et manifester l’harmonie sublime que la Tora peut installer entre deux composants si différents, le corps et l’âme.

 

(Extrait, résumé, et traduit du livre ‘Lev Eliahou’) 

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