Interprétations de la hagada 1

matsot.jpg« Voici le pain de misère que nos pères ont mangé en Egypte… »

 

La raison qui a conduit nos sages à formuler cette partie de la hagada  dans la langue araméenne, est la suivante, à cette époque l’araméen était couramment parlé par le peuple et comprise aussi par les femmes et les enfants, et afin d’attirer leur attention, et les aider à se concentrer sur l’histoire de la sortie d’Egypte, ils ont débuté le récit dans une langue comprise de tous, mettant en pratique ces versets : « Tu donneras alors cette explication à ton fils… » (Chémot, 13-8), et « Et afin que tu racontes à ton fils, à ton petit-fils, ce que j’ai fait aux égyptiens et les merveilles que j’ai opéré contre eux… » (Chémot, 10-2).

« L’an prochain nous serons des hommes libres… » par contre est écrit en hébreu, car c’est une prière vers HaChem, qu’il nous délivre une seconde fois, et à ce propos, nos sages nous ont déjà appris : De ta vie, ne prie jamais dans la langue Araméenne que les anges de service ne comprennent pas (Traité ‘Chabbat’, 12-b). En conséquence, cette demande se fait en hébreu, de manière à ce que les anges comprennent le contenu de notre prière et la transmettent devant le trône divin.

 

« Voici le pain de misère… », en fait nous pourrions dire : « Voici ce pain de misère que nos pères ont mangé en Egypte… ». Il semble que nous pouvons utiliser un exemple qui nous aidera à saisir la subtile nuance qui décide de la précision des termes employés :

Un pauvre ne possédait en tout et pour tout que son sac suspendu en bandoulière, et qui ne  contenait que quelques objets presque sans valeur. Il parcourait la région de long en large, cherchant à gagner sa subsistance et celle de sa famille. Soudain, son étoile commença à lui sourire, et rapidement il s’enrichit. Pourtant, il garda en mémoire le souvenir des jours anciens, et il fixa un jour précis, qui chaque année serait l’anniversaire du début de sa réussite. Ce jour là, il revêtait ses vieux habits, reprenait son sac, son bâton et déambulait dans les ruelles de ville, puis revenait distribuer de beaux cadeaux à ses enfants.

Malheureusement, la chance tourna et il perdit toute sa fortune. Un certain matin, il vit à regret qu’il n’avait plus qu’à reprendre ses vielles habitudes, et reprendre ses tournées autour des villages aux alentours. Ses enfants qui le virent couverts de haillons, crurent que le jour des cadeaux était arrivé. Il s’approcha d’eux et leur dit : « Je suis désolé, mais comprenez que les années passées, j’étais un riche qui faisais semblant, une fois par an, d’être pauvre pour se rappeler ses difficultés d’antan, maintenant je suis vraiment redevenu un indigent, et je ne sors pas vous acheter des présents…

Durant la période des Beit-Hamikdach, les juifs consommaient le pain de misère la nuit de Pessah, juste pour se remémorer le miracle que vécurent leurs ancêtres en Egypte, et ce jour n’était qu’une simple commémoration, et donc il était juste de dire « Voici ce pain… ». Mais depuis la destruction de nos temples, nous sommes retournés à notre stade précédent, et il faut dire « Voici le pain de misère… », puisque  il est réellement notre pain de misère, comme celui que mangèrent nos pères. 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site
Création de site Amiens

×