Le jeûne d’Esther

pourim5.jpgNous devons tâcher de comprendre pourquoi nos sages ont ordonné de jeûner ce jour de génération en génération. Après tout, le décret d’Aman fut annulé, et se transforma en victoire, à la différence des autres jeûnes, qui ont été institués après la destruction des deux temples, deuil que nous portons jusqu’à aujourd’hui, puisque notre Beit Hamikdach n’a pas été encore reconstruit, hélas ! Cependant, quand, grâce à Dieu, les raisons de ces jeûnes disparaitrons, ces quatre jeûnes seront abolis, comme il est écrit : « Ainsi parle HaChem : Le jeûne du quatrième mois et le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième mois seront changés pour la maison de Yéhouda en joie et en allégresse et en fêtes solennelles… » (Zakharia, 8-19). Or, s’il en est ainsi, pour quel motif, devons nous continuer à jeûner avant le jour de Pourrin si les juifs ont été sauvés, et Aman s’est balancé au bout de sa corde ?

 

Le Rambam établit une distinction : Les quatre jeûnes en rapport avec le Bei Hamikdach, viennent nous rappeler  les erreurs commises par nos ancêtres, et ont pour but principal de réveiller en nous une étincelle de repentir, et le désir de nous remettre en question. En effet, les fautes tragiques de nos pères, qui ont provoqué le désastre, ne seront réparées que lorsque nous changerons nous-mêmes nos habitudes néfastes, c'est-à-dire que les mécanismes qui ont conduits nos pères à se tromper, fonctionnent encore chez nous, leurs descendants, et nous sommes contraints d’y remédier. Ces jeûnes sont le souvenir du malheur qui nous a frappés.

Par contre, dans l’énoncé de la règle que le Rambam édicte, nous remarquons que le fondement de l’obligation de jeûner est du à la volonté de nos sages de commémorer le jeûne que les juifs firent au temps d’Aman. Certes, le décret s’annula, mais Mordékhai et Ester voulurent relater, non seulement le miracle qui se produisit, mais également, comment ils agirent face à la menace pour obtenir leur délivrance, en priant et en jeûnant trois journées consécutives, et ancrer cette date dans nos mémoires, en ordonnant à toute les générations de jeûner à leur tour.

 

Il reste cependant en y réfléchissant un point obscur, juste parce qu’ils ordonnèrent de jeûner avant l’application du verdict d’Aman, il nous faut continuer à jeûner chaque année, en souvenir de ce jeûne ?

 

Une fois (Traité ‘Méguila’, 12-a) les élèves de Rabbi Chimon le questionnèrent : «  Quel reproche peut-on faire aux bnei Israël, pour justifier le jugement qui les condamna tous à être anéantis ? » Rabbi Chimon répondit : « Je vous écoute... » . Ils dirent : « La cause est qu’ils participèrent au déjeuner auquel le roi les convièrent. » Rabbi Chimon réfuta : « Dans ce cas que soient tué les habitants juifs de Chouchan, et que le reste des juifs du monde soient épargnés. Non, c’était pour les punir de s’être prosterné devant l’idole de Névoukhnétsar» (Daniel, Chap. 3). Ils semblèrent sceptiques, « Si cela est vrai, pourquoi méritèrent-ils un miracle ? » Rabbi chimon répondit : « Ils ne se prosternèrent que forcés par la crainte, n’ayant nulle intention réelle de se vouer à un culte étranger, HaChem lui aussi fit semblant de vouloir les tuer. »

En apparence, selon ce dialogue, il semble que le décret d’Aman était bien léger, et qu’HaChem ne désirait que leur faire peur, et rectifier leur comportement, toutefois, si l’on examine sérieusement les évènements d’alors, l’on s’aperçoit que malgré tout, la décision d’exterminer le peuple juif était irréfutable, et qu’il fallut des efforts de titan pour la révoquer, et la transformer en jour de liesse (consulter le ‘Midrach Rabba’, Ester 7-14).

 

A la lumière de ce que nous conte la tradition, on comprend que le jeûne d’Esther en ‘souvenir du jeûne’ comme le définit le Rambam, n’est pas uniquement un souvenir, car sinon, que justifierait ce rappel du passé, si en l’occurrence, l’ordre qui avait été promulgué de décimer le peuple juif a été aboli, mais une manière de nous faire constater, que notre retour vers Hachem, à l’époque modifia complètement le décret, en changeant la sévérité et la rigueur du jugement en compassion, et que ce ‘retour permit d’entrouvrir une porte’, et valider en quelque sorte cette découverte à l’infini, et souligner que ce jour particulier est propice et capable, pour celui qui le désire, d’engendrer des améliorations particulières, ou de dompter des difficultés dans des domaines où nous buttons souvent, à l’aide du jeûne, de la prière et du repentir.  

 

(Extrait, résumé, et traduit du livre ‘Siftey Haïm’)

 

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