Le réveillon des arbres.

Le 15 du mois de Chvat est le premier jour de l’année de tous les arbres, comme nous l’apprend la Michna (recueil des règles de la Tora orale, que nous ont légué nos sages, les ‘tanaïm’ docteurs de la loi, et cette transmission remonte en fait jusqu’à Moché, qui reçut cette compilation, de la bouche du ‘K ‘B ‘Hou lui-même), du traité ‘Roch Hachana’ (2-a) : le15 du mois de Chvat, nouvel an de l’arbre.

Le choix de cette date n’est pas du au fruit du hasard, à la question que posa la guémara, pourquoi justement ce jour fut-il fixé, répond Rabbi Eléazar, Rabbi Ochaya dit : « en dépit qu’une grande partie de la saison est encore à venir, puisque les pluies sont déjà presque tombées », c'est-à-dire que les arbres se remplissent de résine et commencent à bourgeonner (Rachi).

En effet la saison d’hiver dure du mois de Tévet jusqu’au au mois de Nissan, et au 15 du mois de Chvat, elle se situe donc au centre de cette période. Passé le 15 du mois de Chvat, les forces de l’hiver faiblissent, et le froid se fait moins ressentir, ce qui décuple l’ardeur du bourgeonnement, et la connaissance de cette transformation naturelle, conduisit la Tora à instituer le nouvel an des arbres ce jour-la, particulièrement.

 

Il en résulte cinq applications pratiques :

On ne mélange pas les récoltes de fruits de l’année passée avec les récoltes de l’année nouvelle, afin de prélever la contribution réservée aux cohanim, « Les prémices de ton blé, de ton vin, de ton huile…Tu les lui donneras. » (Dévarim,18-4), « Tout le meilleur de l’huile…Du vin et du blé, les prémices qu’ils doivent offrir à Hachem, je te les donne. » (Bamidbar, 18-12), et le 15 du mois de Chvat est le jour du changement de l’année.

Les fruits qui parviennent à un niveau de maturation suffisant, et parmi lesquels on peut prélever une dîme, « Tu prélèveras la dîme du produit de ta semence, de ce qui vient annuellement sur ton champs. » (Dévarim, 14-22), avant le 15 du mois de Chvat de la troisième année qui a conclut l’année de chômage absolu accordé à la terre, sont soustrait de la récolte, et cette dîme est comptée comme provenant de la deuxième année, car leur troisième année effective ne commence qu’à partir du 15 du mois de Chvat.

« …Et y aurez planté quelque arbre fruitier, vous en considérerez le fruit comme une excroissance…Il n’en sera pas mangé. Dans la quatrième année, tous ses fruits seront consacrés à des réjouissances…et la cinquième année, vous pourrez jouir de ses fruits…(Vaykra, 19-23, 24, 25). Ce commandement implique de se priver de la consommation des fruits d’un arbre planté depuis trois ans, somme toute, quatre ans, et ces années d’interdiction ne se terminent que le 15 du mois de Chvat, même si ces arbres furent plantés au mois d’av, 44jours avant le mois de tichrey.

« Quand tu seras arrivé dans le pays qu’Hachem, ton Dieu, te donne en héritage…Tu prendras des prémices de tous les fruits de la terre…Tu les mettras dans une corbeille ; et tu te rendras à l’endroit qu’Hachem, ton Dieu, aura choisi pour y faire régner son nom. » (Dévarim, 26-1,2) On n’apporte pas à Yérouchalaïm (au Beit hamikdach) les premiers fruits murs qui ont bourgeonné avant le 15 du mois de Chvat, car ils sont considérés comme ayant éclos l’année passée, avec des fruits qui ont bourgeonnée après le 15 du mois de Chvat.

Pendant l’année sabbatique, « Six ans tu ensemenceras ton champs, six ans tu travailleras ta vigne et tu en récolteras le produit ; mais la septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre un chabbat en l’honneur d’Hachem. » (Vaykra,25-3, 4), il faut manger les fruits récoltés au cours de cette année en respectant des règles appropriées (par exemple, ne pas jeter les écorces…). Selon certains décisionnaires, le 15 du mois de Chvat est la date qui préside à la classification des fruits arrivés à maturation après le 15 du mois de Chvat, la sixième année, dans la catégorie des fruits de la septième année, ou avant le 15 du mois de Chvat, la huitième année, dans la catégorie des fruits dépendants de le septième année.

Rabbi Chlomo de Téchortékov dans son livre ‘Divrey chlomo’ remarque qu’il est écrit dans la michna à propos du 15 du mois de Chvat, le nouvel an de l’arbre. N’aurait-il pas été plus précis de dire, le nouvel an des arbres ?

Une allégorie dont nos sages se sont servis pour illustrer leur enseignement permettra de comprendre le choix délibéré du singulier qui est employé dans cette michna. Commentant un verset du sépher Dévarim : « Si tu es arrêté longtemps au siège d’une ville…tu ne dois pas en détruire les arbres…C’est l’homme … » (Dévarim, 20-19), ils démontrèrent que l’homme est semblable à l’arbre d’un verger. Si nous voulons voir croître un arbre, et profiter de ses fruits, il nous est recommandé de nous en occuper, pareillement si un homme souhaite recevoir l’approbation de son créateur dans ses faits et gestes ; il serait justicieux, qu’il étudie et qu’il apprenne les commandements qui le concerne, qu’il s’en souvienne au bon moment, et qu’il les applique.

L’intention du rédacteur de la michna est de mettre l’accent sur le fait que chaque homme, individuellement, doit se comparer à un arbre, à qui il est demandé de prendre soin de sa vie spirituelle, et d’y réfléchir surtout le jour du nouvel an des arbres.

(Extrait et traduit du livre "Sdei Yaar")

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