Les lumières chassent la pénombre

17138011580488591783.jpgA nous de savoir que Hanouka est aussi, et peut-être essentiellement, la fête de l’éducation (Hanouka-Hinoukh, éducation en hébreu).

Cela commença dans le Beit Hamikdach, après l’expulsion des grecs des lieux saints, par la purification du Temple, et en parallèle, l’apprentissage de ces lois de pureté, et depuis de nombreuses communautés consacrent durant les jours de Hanouka, une partie de leur temps à réfléchir aux problèmes de l’éducation.

 

Le Rav Hirch précise que le contenu des lois de Hanouka, la description, la disposition, et les conditions de l’allumage des bougies, constituent en fait la flamme de l’éducation qui se dresse et illumine cette fête de ses feux.

 

Une de ses lois dit : Les sages ont enseigné, qu’en principe, chaque père de famille allume une bougie, tous les soirs de la fête de Hanouka, mais que les plus scrupuleux veilleront à ce que tous les membres de la famille, allument leur bougie (Traité ‘Chabbat’, 21-b).

Cela signifie, qu’il nous est ordonné d’allumer une bougie, la nuit pendant Hanouka, et que selon la stricte loi, une bougie par maison suffit. Ce geste dispense l’épouse et les enfants d’accomplir eux-mêmes ce commandement.

Pourtant ceux qui souhaitent embellir cet usage, et lui donner un éclat particulier, sont invités à allumer leur propre bougie.

Les commentateurs ont perçu au travers de cette loi, un aspect important de ce que nous  avons évoqué plus haut.

Il semble que la responsabilité qui pèse sur le père de famille d’allumer la bougie rituelle, ait une valeur aussi très symbolique qui est d’attiser la flamme qui demeure dans le cœur de ses enfants. Il doit leur consacrer ses loisirs afin de les éduquer convenablement, et si nécessaire,  accentuer son zèle auprès d’eux afin de parfaire son impact bénéfique.

Les membres d’une famille ne forment pas un groupe uniforme, mais une pluralité de spécificités, des bougies différentes les unes des autres. Il est important de deviner les sentiments et les émotions qui les régissent, les besoins personnels qu’ils éprouvent, et de savoir différencier leurs tempéraments pour leur offrir, en tant que père de famille, la meilleure éducation possible.

Le rôle du père est donc d’être un exemple, un modèle, une bougie qui en permanence brule doucement, calmement, une lumière qui dissipe les ténèbres aux heures sombres.

Et s’il y parvient, il peut alors veiller à ce que tous les membres de sa famille allument à leur tour une bougie.

 

Une seconde loi mentionne : Le premier jour (de la fête) on allume une bougie, et chaque soir, on rajoute une bougie supplémentaire (Idem).

En d’autres termes, on allume le premier soir une bougie, puis le deuxième soir deux bougies, le troisième soir trois bougies…Et ainsi de suite jusqu’au dernier soir, le huitième jour.

Egalement ici, outre l’instruction formelle que nous recevons, nous observons qu’il nous est conseillé d’agir, d’aller toujours de l’avant, de ne pas nous contenter de ce qui vient d’être acquis, mais de renouveler nos efforts, d’intensifier la lumière au sein du foyer, jour après jour, de ne jamais rester inerte, ou paralysé sur place, car la force du courant nous emporterait rapidement. En conséquence, le souci d’éducation que nous éprouvons pour nos enfants doit nous interdire de nous ‘reposer sur nos lauriers’, et à l’inverse nous motiver à ‘remonter le courant’ avec courage et ténacité.

 

Une troisième loi nous recommande : La bougie de Hanouka doit être posée à l’entrée de la maison, du coté extérieur (Idem).

Nous nous rappelons ainsi que la principale raison de l’allumage des bougies de Hanouka, est de célébrer aux yeux de tous, les voisins et les passants, le miracle qui se déroula à l’époque où les grecs furent chassés du Beit Hamikdach et de la terre d’Israël.

Il sera facile d’ironiser, et de se moquer. Comment peut-on rêver d’influencer ses voisins de pallier, son quartier, sa ville, la société en général, à l’aide d’une simple bougie ?

Même si cela semble surprenant, les sages d’Israël ont ignoré le mépris des incrédules et ont assuré que nous devions nous montré confiant et ferme dans nos convictions, et comme les bougies de Hanouka, irradier de la lumière là ou nous sommes.

Le traducteur de ces lignes connu, il y a longtemps, un non juif qui fut invité à diner chez son camarade israélite, un soir de Hanouka. Naturellement, il l’interrogea à propos des bougies qui brillaient au dessus des chandeliers. Son ami lui expliqua brièvement les circonstances du miracle, et…Le non juif se convertit, et, aujourd’hui vit en Israël, étudie la Tora, et élève ses enfants dans la crainte de Dieu et le respect des commandements.

Le consul japonais de Lhita, en Europe de l’Est, au début de la seconde guerre mondiale, fut reçu dans une famille juive, au moment de l’allumage des bougies de Hanouka. Curieux, il écouta les chants des enfants et posa beaucoup de questions, en mangeant des beignets.

Lorsque les allemands envahirent Litha, il tamponna une semaine entière sans presque s’interrompre, environ deux mille visas d’entrée au Japon pour des étudiants religieux de la Yéchiva de Mir,  et des juifs de Pologne, et les sauva probablement d’une mort atroce.

 

Une quatrième loi nous avertit : En cas de danger, on posera la bougie sur la table (Idem).

 

En exil, Israël dut parfois s’abstenir d’allumer publiquement les bougies de Hanouka, et se contenter d’une célébration intime, à l’intérieur de la maison.

Devant un réel danger, il est évident que nous devons prendre nos précautions, et ne pas exciter la haine de fractions extrémistes. Pourtant nous devons allumer les bougies dans la pièce principale, et surtout, cela ne nous autorise pas à décorer en échange un sapin. Ce genre de supercherie ne peut que nuire à l’éducation des générations futures. Seule l’authentique bougie de Hanouka, pure et dénuée de prétentions matérielles, peut éclairer le cœur de nos enfants, et devenir un bouclier face à la vanité des sectes qui hissent comme un étendard, la superstition, la foi dans des idoles de pierre, le goût du luxe et de la décadence.

 

( Traduction libre d’un article paru dans l’hebdomadaire ‘Michpahah’)    

 

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