Lois et règles concernant Roch Hachana

 

   

« Et Moché exposa les solennités d’HaChem aux fils d’Israël. »

Ce verset signifie, selon le Talmud ‘Méguila’ (31-a), que nous remplissons un commandement lorsque nous prenons connaissance, en son temps, des lois concernant la célébration à venir.

"אריה שאג מי לא ירא" (Amos, 3-8), Le lion a rugit ; qui n’aurait peur ? Dans le mot ‘arié’, on peut découvrir la composition du mot Eloul, Rosh Hachana, Yom Kippour, Hochahana Rabba.

 

                

 

          Le matin qui précède la fête : 

S’inspirant de ce qu’écrit le Midrach Tanhouma : la veille de Roch Hachana, les ‘grands’ doivent jeûner, le 'Choulhan Arouch' confirme que l’usage est de jeûner la journée qui précède la fête.

Le 'Magen –Avraham', l’un des plus importants commentateurs du 'Choulhan Arouch', marque sa surprise et s’interroge, comment se fait-il que tout le monde jeûne, le Midrach n’évoque que les ‘grands’ ?

Le 'Hatam- Sofer', explique l’élargissement de cette coutume par un exemple :

Un roi voulut valoriser la fidélité de l’un de ses sujets en lui donnant un titre de noblesse, mais il repoussa l’officialisation de sa décision à plus tard.

Entre- temps, un bruit courut que le roi s’apprêtait à venir visiter la province où demeurait le futur aristocrate, et tous les notables se préparèrent à l’accueillir.

Un doute naquit chez le futur duc, s’il apparaissait lui aussi, en compagnie des nobles de la ville, il se ferait remarquer, car nul ne pouvait se douter que le roi l’avait établit au rang des grands de son royaume, et s’il s’abstenait, son erreur pouvait lui être fatale, dans la mesure où quand il recevrait la lettre de confirmation de son nouveau privilège, il sera de notoriété publique, qu’il s’était refusé de rendre les honneurs à son roi.

Nous aussi, nous supplions HaChem, à Roch Hachana, qu’il nous pardonne nos fautes, et si nous sommes exaucés, soudain nous comprendrons que la veille, nous figurions déja parmi les ‘grands’, c’est pourquoi, notre intérêt est, dès la veille de Roch Hachana, de nous comporter comme l’un des ‘grands’.

( Extrait et traduit du livre ‘hidouchim à la Tora’ du 'Hatam-Sofer')

Il y a des personnes qui ont pour habitude d’aller s’incliner et prier sur le caveau des stadikim, ce qui procure une satisfaction aux défunts que l’on vient visiter, et les induit à accueillir nos requêtes et à consentir à devenir nos interprètes diligents, grâce à leur mérite, devant Dieu. Or, il faut être prudent et ne pas leur demander directement d’exaucer nos souhaits, mais supplier le Saint-Béni-Soit-il à de nombreuses reprises, de nous prendre en pitié, et d’implorer sa compassion à notre place : « Si tu ne nous accordes ta miséricorde, c’est comme si tu nous comptais parmi les morts enterrés ici… ». Dans certaines communautés, il est de tradition de faire une ronde autour du cimetière (juif, bien entendu), et il est d’usage de distribuer des dons avant de commencer en redoublant de charité envers les pauvres, mais il est interdit d’y effectuer l’une des trois prières de la journée. naturellement, les Cohanim ne peuvent dans les cimetières ou les endroits mortuaires.

Il est d’usage de se rendre à la synagogue, et de s'associer à un groupe d'au moins 10 personnes afin de procéder à l’annulation de ses vœux.

Même si on n’est pas accoutumé à le faire dans le courant de l’année, c’est une chose très profitable, de se plonger entièrement dans les eaux pures d’un bain rituel, d’un fleuve, ou de la mer. Si cela est impossible, la solution la plus simple est de recevoir quelques litres d’eau sur le corps ( 12 litres et demi ) par l’intermédiaire du jet de la douche, à condition que la poire d’arrosage soit fixée au-dessus de notre tête.

Comment autoriser la préparation des mets de Chabbat, durant la fête de Roch Hachana (lorsque le jour de Chabbat succède aux deux jours de fêtes de Roch Hachana) ?

En principe il est interdit de préparer, durant un jour de fête (même s’il est autorisé de cuisiner ce jour là, à la différence de Chabbat), les repas du jour de Chabbat prochain, ou alors uniquement, en cuisinant la veille de cette  longue fête, au moins un plat (un oeuf, en général), et en cuisant au four un petit pain d’au-moins 60 grammes, avec la claire intention de les consommer à Chabbat. De cette manière, nous commençons de cuisiner avant l’entrée de la fête, et nous pouvons continuer, pendant la fête, de préparer d'autres plats que nous servirons le jour de Chabbat.

De plus, avant l’entrée de la fête, il faut prononcer une bénédiction sur les deux mets cuits (oeuf et pain), en les prenant dans la main : « Barouh ata Hachem, Elokeinou Melck Haolam, acher kidchanou bémitsvitav vétsivanou al mitsvat érouv.

Il est recommandé de relire et de réviser plusieurs fois le contenu des différentes prières de Rosh Hashana, de vérifier quels psaumes, quels poèmes ( pioutim ), seront lus, de se renseigner sur la signification et l’ordre des sonneries du chofar et d’être sûr de la version des liturgies que les officiants entonnent dans la synagogue où l’on a choisi de se rendre (surtout si l’on se trouve en Israël durant les fêtes).

 

         Les nuits de la fête:                                             

La coutume est durant ces deux soirs de Roch Hachana de disposer sur la table : des pommes accommodées de sucre ou de miel (le rav Palagi, préconise de s’abstenir de gouter du miel durant les dix jours qui précèdent Yom Kippour), des dattes, des morceaux de poireaux, de blette, et de citrouille, des haricots ( selon le traité du Talmoud ‘Critotes’, il apparaît qu’il s’agit en fait d’une espèce d’herbes que l’on appelle en France ‘trèfle’, ce qui se comprend car le trèfle est traditionnellement pourvu d’attributs de bonheur et de chance, mais en Israël, on sert des petits haricots), des grains de grenade, de la cervelle de mouton, ou une tête de poulet ou de poisson.

Il est plus correct de procéder en premier lieu, à la bénédiction du pain, avant de commencer de manger des dattes, en prononçant la bénédiction appropriée, car cette bénédiction sur le pain ne vise, et donc, ne dispense des autres bénédictions par la suite, que les aliments qui se consomment en s’accompagnant habituellement de pain, ce qui n’est pas le cas des dattes , ni des grenades , et ni des pommes. Il n’est pas nécessaire de répéter la bénédiction sur les grenades ou les pommes, après avoir prononcer la bénédiction sur les dattes, car celle-ci suffit à elle seule pour bénir tous les  fruits poussant sur les arbres. P

Pourquoi commence t’on justement par les dattes et non pas par les grenades ou les pommes ? Les dattes, ainsi que les grenades appartiennent aux sept sortes de fruits qui, cultivés sur la terre d’Israël, ont reçu une préférence de la Tora dans la hiérarchie de tous les fruits, et dans cette liste des sept espèces, les dattes priment devant les autres fruits, sauf les olives.

 

Ces bénédictions, qui ont pour objectif d'attirer la chance et le bonheur sur le peuple d'Israêl, de lui assurer une année riche et fertile, et de le protéger de ses adversaires, figurent dans les livres de prières de Roch Hachana, ou dans des livrets spécialement réalisés à cet effet. En Israël, on peut se les procurer à la Rabanoute dans chaque ville.

Bien que ce ne soit pas toujours facile, il est recommandé de se montrer patient, de ne pas céder à la colère, et de s'efforcer d'aider son épouse à dresser la table, même s’il est déjà tard et que la faim tenaille. La bonne humeur, la gaité et la tolérance seront des attidudes et des comportements appréciés lors du jugement que nous affronterons dès le lever du jour.

                 Les deux jours de Roch Hachana :

 

A notre connaissance, l’obligation de sonner du chofar n’est pas formulée explicitement dans les chapitres qui traitent de Roch Hachana. deux versets seulement mentionnent que ce jour doit-être commémoré à l’aide d’une fanfare : «… Au septième mois, le premier jour du mois…Commémoration par une fanfare… » (Vayikra, 23-24), ou d’une sonnerie : « Au septième mois, le premier jour du mois…Ce sera pour vous le jour de la sonnerie. » (Bamidbar, 29-1), sans nous préciser, de quel genre de sonnerie ou de fanfare il s’agit, ni de quel instrument se sert-on, tandis que les commandements concernant les autres fêtes fournissent en détails maints indications (Vayikra, 23-4, 23-27, 23-33). Pourquoi à propos de Roch Hachana, les versets cités restent-ils dans le vague, et n’évoquent-ils que ce terme indéfini du jour de la sonnerie ?

Evidemment, la Tora orale a déjà enseigné (Talmoud Roch Hachana, 32), qu’en formulant, « Puis tu feras circuler le retentissement du cor, dans le septième mois, le dixième jour du mois… » (vayikra, 25-9), "...septième mois...","... septième mois..." (Vayikra, 23-24), cette répétition dans les versets nous apprend que tout ce qui est ordonné le jour de Yom Kippour, la cinquantième année, est aussi ordonné le jour de Roch Hachana, et l’écriture nous révèle ainsi, grâce aux outils d’interprétation que, la Tora orale nous a ordonnée qu’il faut aussi à Roch Hachana, faire retentir le son du chofar (cor).

Il est pourtant admis que l’on privilégie un commandement qui se pratique à intervalles réguliers, telle la célébration de Roch Hachana, par rapport à un commandement que l'on n'accomplit qu’à de rares exceptions, comme la mitsva de Yom Kippour tout les cinquante ans. Outre le fait, que depuis la disparition du Beit HaMikdach et la dispersion des fils d’Israël, ce commandement est devenu inutile, cela parait bizarre que l’on se réfère au Yom Kippour de la cinquantième année, pour deviner comment se font les sonneries de Roch Hachana. N’aurait-il pas été plus rationnel de donner toutes les précisions dans les versets en relation avec la fête de Roch Hachana, et ainsi nous en aurions déduit, que nous devions sonner du cor aussi pour la commémoration du cinquantenaire, le jour de Yom Kippour ?

Voyons quels mobiles ont guidé cette inversion :

La Tora nous recommande l’année du cinquantenaire : « …En proclamant, dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l’habitent…Où chacun de vous rentrera dans son bien, où chacun retournera à sa famille. » A l’époque du Beit Ha Mikdach, durant l’année du cinquantenaire, on assistait à une réforme, de la société qui recouvrait sa liberté d’action, et qui permettait de dénouer de nombreux liens qui la jugulaient et l’entravaient habituellement. Cette année, le peuple était en congé. Des miséreux qui avaient été forcé de se vendre à de riches propriétaires rentraient dans leurs foyers définitivement, des champs vendus pour raison de faillite étaient rendus à leurs propriétaires légitimes, des espaces immenses étaient à nouveau partagés. Le monde de la Tora ne permet pas à quelques uns de s’accaparer les biens aux dépens du peuple. A chaque commémoration du Jubilé la vie éclorait et jaillissait comme une source de jouvence qui rajeunissait les institutions économiques, radoucissaient les conditions d’existence, revitalisait les énergies individuelles, et rouvrait des perspectives infinies à toute la communauté. Les sonneries du chofar proclamaient l’avènement d’une révolution pacifique qui bouleversait l'ancienne distribution des cartes, et contribuaient à la germination d’un espoir nouveau et profond.

Il est facile maintenant de comprendre l’intention de la Tora, lorsqu’elle nous demande de nous concentrer en premier lieu sur les commandements de l’année du Jubilé afin de savoir exactement ce que nous devons faire à Roch Hachana. Le son du chofar à Roch Hachana, à l'instar du Jubilé est destiné à annoncer à l’homme juif son autonomie, il vient briser ses chaines en lui rappelant les changements que le cinquantenaire autorise ; en imagination, l'esclave se voit affranchit, il foule ses terres et ses vergers restitués, la justice et la bonté sont célébrées comme de jeunes mariés, la vie redevient souriante, fraiche, pétillante et magique. Au moment où retentirons les sons du chofar, la Tora désire que l'homme se souvienne et qu’il ressente intimement, comme jadis, la joie du retour au bercail, qu’il  sente repousser ses ailes, et qu'il donne des vacances à son âme exténuée par les tracas, les contraintes et les ingérences de la vie quotidienne dans son univers mystique, qu’il boucle le mauvais penchant au fond d’une cave, et qu’il y refoule ses comparses, le dépression l’égoïsme, la mesquinerie, la jalousie, la colère…, et que résolument il recommence d'aller de l’avant en se dirigeant vers le Dieu d’Israël, car à Roch Hachana, on repart à zéro !

( Traduit et extrait d’un article paru dans l’hebdomadaire ‘Michpaha’)

              Au son du chofar :

Nos sages ont certifié (traité Roch Ha Chana, 16-b), que les sonneries retiennent les diffamations du Satan, et décrétèrent que nous devons sonner cent sonneries au total durant la prière de Roch Hachana.

Les trente premières sonneries peuvent s’écouter assis, mais dans un silence complet, seul l’officiant se tient debout.

Durant la prière de ‘Moussaf’, tandis que les participants murmurent leur prière l’officiant sonne encore trente sonneries. On doit alors interrompre sa prière, et écouter le son du chofar, puis poursuivre la prière à partir de l’endroit où on s'est arrêté, et celui qui, rapide, a devancé l’officiant qui n’est pas encore parvenu au point précis où il doit sonner du chofar, terminera la bénédiction qui précède les sonneries et attendra les sonneries. Ces soixante sonneries doivent être écoutée debout.

Au cours de la répétition de ‘Moussaf’, on entend trente autres sonneries.

A la fin de l’office on sonne dix sonneries, et elles peuvent être entendues assis.

Celui qui se serait retardé en chemin et n’a pu entendre les bénédictions relatives aux sonneries du chofar, mais a réussit à écouter les trente sonneries que l’on entend assis, il est clair qu’il s’est acquitté de sa mitsva.

Cette semaine le responsable d’une synagogue très renommée en Israël, a raconté qu’il y a quelque temps, au moment de sonner les sonneries du chofar, l’officiant, une personne honorable, expérimentée, et reconnue dans sa communauté locale, a tenté en vain, vingt minutes d’affilée, de faire raisonner le moindre petit son. Rouge de confusion, il finit par crier à son frère qui se trouvait près de lui, et qui peinait à marier ses trois fils : « La honte affreuse que j’éprouve à l’instant, je t’en fais cadeau ! Que Dieu fasse, que l’année prochaine, tu trouves les compagnes que tu souhaites pour tes fils ! Un mois s’écoula, et l’heureux père unit les trois célibataires avec beaucoup de chance.

 Il est interdit de troubler le silence dès que l’officiant commence les bénédictions qui précèdent les sonneries du chofar, jusqu’à l’issue de la répétition de ‘Moussaf’, même si un incident importun survient.

Il est permis de songer mentalement aux aveux et aux regrets que l’on éprouve, et de se confesser en pensée, entre les séries de sonneries.

La raison pour laquelle on enrobe le chofar dans un linge, remonte selon notre tradition, à l’heure où Avraham cacha Ytshak aux yeux du Satan pendant qu’il construisait l’autel, de peur qu’il lui cause une difformité et le rende inapte au sacrifice que Dieu exigeait.

Les femmes et les jeunes filles ne sont pas tenus à venir écouter les sons du chofar, ce commandement est facultatif en ce qui les concerne, car il appartient à la classe des commandements qui s'observent régulièrement, et dont les femmes sont dispensées en général.

(La majorité des lois et des décrets qui sont exposés ci-dessus sont extraites et traduites du livre du Rav Itshak Yossef "Yalkout Yossef")

Dans l’après-midi du premier jour de Roch Hachana, l’usage est d’aller près d’un point d’eau, et d’y jeter allégoriquement toutes nos fautes de l’année qui vient de s’écouler. Le texte à lire qui accompagne cette salubre tradition se trouve dans tous les livres de prières consacrés à la fête de Roch Hachana.

       

 

 

 

 

 

 

 

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