Méguilat Esther, et Pourim.

Le roi Ahchvéroch fit deux banquets dans la ville de Chouchane où il avait établi son trône.

La première célébration se tint la troisième année de son règne, dura cent quatre-vingt jours, et réunit tous les grands du royaume, et tous les gouverneurs des cent vingt-sept provinces assujetties (Esther,1-3). Puis il convia les habitants de chouchane à festoyer sept jours complets (E.1-5). Fier de sa puissance et de sa richesse, il déploya au-dessus des jardins les soieries les plus fines, décora fastueusement les tables et les divans pour recevoir le peuple au milieu d’une opulence surréaliste, et utilisa même les objets du culte du beit-HaMikdach que Névoukhdnétsar pilla lors de la conquête de Yérouchalaïm quelques générations en arrière, et cela lui couta l’amère déception de décapiter sa propre épouse, Vachti, qui organisait également dans ses appartements un banquet réservé aux femmes (E.1-9)

Le septième jour, ivre, il commanda à Vachti, de venir, vêtu simplement de sa couronne, sans autre appareil, afin que chacun puisse admirer sa beauté. Celle-ci refusa énergiquement, et le roi rendu furieux par son entêtement consulta ses astrologues afin de prendre conseil. Il invita aussi les sages juifs de l’empire à donner leur avis, mais ils s’y refusèrent habilement, prétextant que la destruction du Temple leur interdisait désormais de statuer sur la peine de mort. Ils craignaient qu’après la dissipation des vapeurs du vin, le roi ne les accuse de l’homicide de sa chère compagne. Par contre, les devins voyant dans la rébellion de Vachti, les prémices d’une libération contagieuse qui conduirait beaucoup de femmes à l’imiter, préconisèrent de leur couper l’herbe sous le pied, et de faire un exemple…

Le roi partagea ce point de vue et expédia des missives aux quatre coins du royaume, ordonnant que chaque homme soit maître dans sa maison, et que sa langue maternelle soit apprise et comprise par son épouse (E.1-22, Rachi)

Par la suite, il se prit à regretter Vachti, et compris que l’alcool l’avait égaré. Ses courtisans lui dirent alors, qu’il faudrait rechercher de belles jeunes filles pour le roi,

nommer des fonctionnaires chargés de recruter et sélectionner dans ses provinces les plus jolies vierges du royaume, et ainsi, le roi choisira celle qui lui plait, afin de remplacer Vachti (E. 2-1,2,3,4). Ce projet convint au roi, et il décida de le mettre en pratique.

Or, vivait à cette époque à Chouchane habira un homme juif, originaire de Yéhuda, et il s’appelait Mordékhaï. Il avait exilé avec d’autres captifs de Yérouchalaïm (E. 2-5,6). Ce que maintenant l’écriture vient nous apprendre, c’est que Mordékhaï habitait déjà le palais avant qu’Esther élue reine n’y demeure, comme l’enseigne le verset suivant : (Divrey HaYamim1, 29-1) « …Ce n’est pas à l’homme qu’est destiné le palais (bira)… », car la traduction originelle de ‘bira’ est palais ou château, et que Chouchane, est la ville de Chouchane proche d’Eylam, dont la majorité des citoyens, d’ailleurs, se constituait de juifs, (E. 4-16) « Va rassembler tous les juifs présents à Chouchane… » (Rabbi Abraham Ben Ezra).

Ester sut séduire le roi, bien qu’à ses dépends elle fut emmenée auprès de lui, ne considérant pas cette union comme une faveur, et ne se soumettant qu’à la demande de Mordéchaï. Elle ne lui révéla rien de ses origines juives, et s’engagea devant Mordéckaï, son mari, qui l’avait recueillie à la mort de ses parents (le traité ‘Méguila’(13a) commente que cette adoption en fait fut un mariage), de respecter les lois de Chabbat, et de ne jamais consommer des nourritures impures.

Tous les serviteurs de la cour, sauf Mordéckai, se courbaient sur le passage d’Aman, le plus haut dignitaire après le roi. S’apercevant que Modéckaï ne se prosternait pas devant lui, Aman voulut sauver son prestige, et ne pas porter la main sur lui seul, mais exterminer le peuple juif dans son entier, et le hasard voulu que le mois d’Adar fut tiré au sort. Aman se réjouit franchement, sachant que Moché mourut justement au mois d’Adar, mais ignorant qu’il naquit également au mois d’Adar…Et emporté par son enthousiasme, il versa une forte somme dans les coffres du trésor royal. Ce geste convainquit le roi de rédiger une ordonnance à cet effet, et de lancer des émissaires dans ses provinces pour informer les gouverneurs de la solution finale qu’ils avaient mis au point. On était au mois de Nissan.

Une nuit, le roi ne parvint pas à trouver le sommeil, comme ceux pour qui la vie est trop dorée, et désœuvrés ne pensent qu’à des futilités. Il songea au déjeuner qu’Esther avait prévu d’organiser, à Aman qu’elle avait invité, et que peut-être, ils complotaient tous les deux de l’éliminer (T. Méguila, 15-b, Rachi)… Il se demanda s’il ne possédait pas au moins un fidèle dans son royaume, ou, s’il n’avait pas oublié de récompenser l’un de ses sujets à qui il serait redevable d’un bien fait ? Il commanda donc qu’on lui donne son livre des souvenirs. Découvrant le récit de la tentative d’empoisonnement à laquelle il avait échappé, il se souvint du nom de Mordéckaï et qu’il dénonça les coupables, et permit d’éviter le pire, et le roi se résolut de réparer son oubli, en comblant d’honneur Mordéckaï (E. 6-1,2,3,4).

Le roi interrogea Aman, comment combler d’honneur un homme que le roi juge digne d’éloges ? Celui-ci répondit, en le vêtant luxueusement, d’un habit que le roi a porté, et en le faisant monter un cheval orné de la couronne royale (Abraham Ben Ezra). Le roi acquiesça, et s’empressa de dicter ses ordres à Aman.

Jouet de l’ironie du destin, Aman servit de page à Mordéckaï, et tira la bride de son cheval en parcourant les rues de Chouchane. Humilié, il se rendit ensuite à son domicile, et conta l’aventure à sa femme et à ses amis, qui lui prédirent une amère défaite s’il persistait à s’en prendre au juif Mordéckaï. Ce peuple est destiné à détruire toute trace de la descendance d’Amalek, lui dirent-ils, comme il est écrit : « …Tu effaceras la mémoire d’Amalek de dessous le ciel… » (Dévarim, 25-19).

Ils s’entretenaient encore, quand pénétrèrent les eunuques du roi, qui devaient le conduire chez Esther (E. 6-11,12,13,14).

Le roi et Aman vinrent s’asseoir pour boire avec Esther. Le roi dit à Esther qu’il était prêt à lui accorder la moitié de son royaume si elle le désirait (E. 7-1,2). Elle répondit qu’elle sacrifierait sa vie, en échange de l’annulation du décret infligé à son peuple, vendu pour être anéanti…et non pas pour devenir esclaves…S’inspirant de la menace que Moché leur fit dans le désert : « …Et là vous vous vendrez à vos ennemis comme esclaves et servantes… » (Dévarim, 28-68), elle en déduisait que si Moché ne fit aucune allusion à leur extermination, il fallait comprendre que le ciel ne prononça pas cette sentence, mais Aman en personne, et qu’il était possible de l’annuler, puisque « le dommage causé au roi ne vaut pas la peine » (E. 7-4), c'est-à-dire, que si Aman, vraiment avait pris soin des affaires du roi, il aurait préférer, nous vendre et remettre l’argent au roi, ou nous forcer à le servir, mais nous tuer, est une perte financière pour le roi (Rachi).

Le roi se récria et dit : « Qui est-il, où est-il, celui qui a eu l’audace d’agir de la sorte ? Esther répliqua, cet homme cruel et acharné, c’est Aman que voici ! » (E. 7-5,6). Atterré, Aman attendit que le roi sorte, pour s’affaler aux pieds d’Esther et implorer son pardon, il trébucha, et tomba sur le lit, et le roi le surprit dans une position scandaleuse, et outré le condamna sur le champ au supplice.

Le roi remit l’anneau, qu’il avait ôté de la main d’Aman, à Mordéckaï, et Esther supplia le roi de la laisser écrire des lettres révoquant le funeste dessein d’Aman. Mordéckaï et Esther rédigèrent ces lettres, car le roi ne pouvait contredire son sceau personnel qu’il avait imposée sur les premières ordonnances, et ils informèrent les gouverneurs des provinces qu’Aman avait été pendu, et que les ordres que le roi avait donné dans le passé concernant l’extermination des juifs, n’exprimaient pas sa réelle intention, mais qu’à l’inverse, les juifs étaient autorisés à tuer leurs ennemis, et qu’Aman avait falsifié les documents à l’insu du roi. Le revirement du roi et la chute d’Aman sont les raisons qui poussèrent les juifs à protéger le roi du ridicule, et à prétexter qu’Aman avait déformé sa pensée. Cela obligea les juifs à tuer leurs ennemis, et à ne pas se contenter d’une simple victoire.

Le mois d’Adar, le quatorzième, et le quinzième jour, ayant obtenu rémission de leurs ennemis, le mois où leur tristesse s’est changée en joie et leur deuil en fête, Mordéckaï recommanda aux juifs d’en faire des jours de festin et de réjouissances, d’envoyer des présents l’un à l’autre et de faire des dons aux pauvres, et ils érigèrent cette coutume de génération en génération.

(extrait et traduit du livvre ‘Kad Hakémah’)

L’usage est de jeuner le treizième jour d’Adar, afin de se rappeler les prières et les supplications que lancèrent vers le ciel les juifs au temps de Mordéckaï et d’Esther. Ce jeune s’appelle le jeune d’Esther. Les femmes enceintes (depuis trois mois au moins, mais dans tous les cas, même sans avoir atteint ce terme, si l’une de ses femmes ressent une faiblesse trop grande, elle est autorisée à manger), et celles qui allaitent ou qui ont subi une fausse couche au cours de l’année, sont dispensées du jeune.

Les malades dont les jours ne sont pas en danger et ceux qui souffrent de douleurs aux yeux, sont également dispensés du jeune d’Esther.

Si le jour du jeune tombe à Chabbat, il est avancé au jeudi.

Il est impératif d’écouter la lecture de la Méguilat Esther,la veille au soir du jour de Pourim, après la tombée des étoiles, et de la réécouter le matin du jour de Pourim.

Les femmes sont aussi tenues à participer à ces deux lectures

Il faut écouter la Méguila de la bouche d’un homme qui est lui-même tenu à l’écouter. Il ne convient pas d’entendre la Méguila à la radio.

Il est interdit de parler durant la lecture, et de perturber l’assemblée, par des bruits qui distraient l’écoute.

Il faut donner le jour de Pourim ‘zeher lémahatsite hachéquel’(enviro 4 euros), par personne (femmes et hommes), et par enfants à charge. Cet argent peut être distribué aux organismes juifs de charité, aux institutions toraniques, ou à la synagogue.

Chaque homme et chaque femme doit d’adresser le jour de Pourim, ‘un envoi de cadeaux’ à un ami, ou à une amie, comprenant au moins deux aliments (sucreries, pâtisseries, mets cuisinés…).

Il est aussi très recommandé de donner une petite somme d’argent à au moins deux pauvres (un peu de monnaie suffit, afin de satisfaire cette obligation).

De préférence, il est conseillé de s’acquitter de ‘l’envoi de cadeaux’ et ‘du don d’argent à deux pauvres’, avant le repas de Pourim.

C’est une mitsva de célébrer ce jour, déguisés, et d’exprimer notre joie, par un déjeuner copieux, composé de viandes et de gourmandises, et de boire un peu plus de vin que d’habitude, l’essentiel est de rester prudent et de ne pas tomber dans la vulgarité

(Extrait et traduit du livre ‘Yalkout yossef’)

Pourim Saméah !  

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