Souccat Shalom

Lorsque deux juifs, inconnus l’un de l’autre, se tendent la main et se bénissent mutuellement, du fait qu’une bonne action en entraine une autre, le K’B’Hou retourne la situation et leur permet de participer de manière effective à toutes Ses célébrations, même dans des cas où selon toute objectivité, cela paraissait incroyable.

A Tel Aviv, rue Yéhuda Halévi, habite Stéreinfeld, juif d’origine hongroise. Dès que les hostilités commencèrent entre l’Allemagne et ses voisins européens, et que l’Autriche fut annexée, Stéreinfeld et beaucoup d’autres qui se trouvaient à Vienne quand les occupants allemands s’établirent dans la capitale, prirent peur et s’inquiétèrent fortement pour leur avenir. Ensemble ils décidèrent de fuir et cherchèrent un pilote qui puisse les conduire en Angleterre. Effrayés par la présence des nazis, ils acceptèrent de payer leur évasion un prix très élevé, donnèrent leurs économies, et vendirent les bijoux de leurs femmes.

Un avion cargo les attendait dans la nuit sur un champ éloigné de Vienne. Ils grimpèrent à bord et s’assirent sur le plancher en priant intensément que cette traversée se ferait sans encombre. Et contre toute attente, après quelques heures de vol nocturne, l’avion se posa sur l’aire d’atterrissage de l’île britannique.

Clandestins juifs en terre étrangère, ils ne passèrent pas inaperçus, bien qu’ils se dispersèrent dans plusieurs villes différentes, et sitôt que l’Angleterre rentra elle aussi en guerre, elle recensa tous les ressortissants de langue allemande ou autrichienne et décida de les concentrer dans des camps d’internement. Ils expédièrent Stéreinfeld et ses camarades vers Portsmouth, les firent grimper sur un navire qui les transporta jusqu’au continent australien, allié fidèle de l’Empire britannique, et sans plus les consulter, craignant que parmi ces réfugiés se cachent des espions germains, ils les cantonnèrent au fin fond du désert, dans un centre surveillé par l’armée.

Un soir d’hiver, après avoir prié à la fin de Shabbat, les juifs sortirent du baraquement qui leur servait de logis, malgré le froid glacial qui les pétrifiait sur place. Près de la barrière qui bouclait l’enceinte, ils entonnèrent les psaumes et prononcèrent avec ferveur les bénédictions envers le Créateur, éclairés par la lune, selon le rituel précis qui se répète chaque début du mois. Comme tout le monde, Stéreinfeld souhaita aux participants que la paix soit avec eux et ils répondirent de même, mais à son immense stupéfaction, il entendit le soldat qui se tenait près de la guérite de garde, répondre lui aussi, et en hébreu ! De nouveau, il répéta la phrase consacrée et sans nul doute, le militaire australien armé de son fusil, lui adressa la réponse appropriée. A trois reprises, il refit l’essai pour être complètement sûr, puis il comprit que l’une des sentinelles de leur camp était un juif. Ils se tendirent la main, émus et soudain très proches.

Le juif australien lui raconta qu’il venait d’une famille pieuse de Melbourne. Aussitôt Stéreinfeld vit dans cette rencontre un signe du ciel. Un de ses oncles justement demeurait à Melbourne ; et dans le même immeuble, rue Hautham, l’une des artères de Cent Klida, que les parents de ce soldat ! Jusqu’à sa fuite de vienne, ils n’avaient communiqué qu’épisodiquement, par courrier à l’occasion des fêtes, et si ce n’était pas trop demander à son gardien, il aurait voulu que celui-ci le prévienne de son arrivée en Australie, afin qu’il lui fasse parvenir à l’approche de Pessah au moins une matsa, et qu’il puisse ainsi célébrer au cours de cette nuit spéciale, l’événement de la sortie des juifs d’Egypte, avec du pain sans levain.

Des semaines défilèrent entre leur rencontre et la fête de Pessah, lors de ses permissions, le soldat regagnait Melbourne, visitait l’oncle de son nouvel ami, se munissait de matsotes, et tranquillement à son retour les confiait à Stéreinfeld qui les cachait en attendant qu’arrive enfin le moment de pouvoir les disposer sur la table.

Difficile de décrire la joie des prisonniers, qui avaient parcourus tant de milles marins pour gagner leur liberté, quand ils découvrirent cinq galettes sèches empilées l’une sur l’autre, et qu’ils s’allongèrent sur leur flanc gauche comme leurs ancêtres, les hébreux, quelques milliers d’années auparavant, un morceau de matsa dans la main.

Le temps continua de s’écouler, et un jour Stéreinfeld se vit convoqué chez le commandant. Inquiet, il rentra dans le bureau et salua respectueusement l’officier.

- « Tu as un membre de ta famille à Melbourne ? »

- « Oui ! »

- « Qui habite rue Hautham ? »

- « Oui »

- « Vous avez une fête juive prochainement, non ? »

- « Oui »

- « Donc ces fruits exotiques sont pour toi ! Prend les, c’est ta famille qui te les envoie ! »

Alors Stéreinfeld découvrit posés dans un coin de la pièce, un loulav, un étrog, trois petites branches d’addas, et deux tiges d’aarava.

Ces quatres espèces passèrent de main en main durant la fête de Soucotes, et presque leur fit oublier le pénible isolement qui était pourtant leur lot quotidien.

Tiré d'un article écrit par le Rav Lao et publié dans l'hebdomadaire "Mishpaha"

 

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Commentaires (1)

1. atlan job (site web) 04/09/2011

bonjour,Je suis Artiste peintre
pourriez vous m'envoyer des photos, sur les fêtes juives,st les beautes du judaisme,et theme religieux. merci de tout coeur.
Job atlan
job2bester@gmail.com
00.33.6 16175251

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