Yérouvhalaïm, le sommet du monde

C’est un fait connu que l’idolâtrie causa la destruction du premier Temple (Traité du Talmud ‘Yoma’, 9-b) : « Les enfants ramassent du bois, leurs pères allument le feu et les femmes pétrissent de la pâte pour confectionner des gâteaux en l’honneur de la reine des cieux, pour faire des libations aux dieux étrangers, avec l’intention de me blesser. » (Yrmia, 7-18), « …Vois-tu ce qu’ils font, les grandes abominations que la maison d’Israël commet ici pour que je m’éloigne de mon sanctuaire… » (Yéhézkel, 8-6).

En revanche, la haine gratuite qui sévissait alors entre les bnei Israël, fut la principale raison de la destruction du second Temple (‘Tossefta Ménahot’, Chap. 13), « Prendre parti pour le méchant, évincer le juste de ses droits, est bien mal agir. » (Michlei, 17-5)

Un riche citoyen de Yérouchalaïm, convia les notables de la ville à dîner, et il dépêcha l’un de ses secrétaires à l’adresse de l’un de ses meilleurs amis, Kamtsa. Par erreur ou étourderie, le messager frappa à la porte de Bar Kamsta. Celui-ci, ouvrit et stupéfait entendit qu’il était invité à venir partager le banquet du maître de maison. Il n'avait pas oublié leur ancienne querelle, mais il pensa que le temps avait fait son devoir, et que si on venait le chercher personnellement, il ne pouvait faire moins que de pardonner lui aussi. Il s’habilla et suivit le serviteur.

Arrivé sur les lieux de la réception, il s’assit à l’une tables, et commença à se servir des mets à sa portée.

Soudain, le maître de maison surgit, et se planta devant lui, courroucé et contenant à peine son indignation. « Que fais-tu là, chez-moi ?» Bar Kamtsa, déglutit, et voulu répondre quelque chose d’aimable, devinant qu’il était l’objet d’une affreuse méprise, mais l’autre, déjà enchaina : « Tu fiches le camp immédiatement ! » Bar Kamsta rougit violement, et tenta de trouver une porte de sortie : « Je paierai tout ce que je mangerai, mais s’il te plait, ne me blesses pas en public… » En position de force, le maître de maison réagit avec colère, haussant le ton : « Il n’en est pas question ! Tu quittes ma demeure à l’instant, et plus vite que ça ! « Mais », supplia presque Bar Kamtsa, « Tu ne peux pas me faire honte à ce point…Je te donnerai tout l’argent que tu veux, laisse-moi finir ce repas normalement, et je partirai… » Sans pitié, le maître de maison s’approcha, et fit mine de saisir le col du vêtement de Bar Kamtsa, et gronda : « Si tu ne sors pas, j’appelle mes gens ! »

Découragé, humilié, perdant toute contenance, Bar Kamsta s’enfuit sous les regards narquois.

Touché au plus profond de son orgueil, Bar Kamtsa, décida de laver cet affront dans le sang, d’autant plus, qu’il avait remarqué la présence des sages de Yérouchalaïm lors du pénible incident qui l’avait opposé au maître de maison, et nul d’entres-eux ne s’était interposé pour le secourir.

Il se rendit chez le procureur romain et accusa les juifs de le tromper, et de mépriser ses offrandes, et lui proposa de prouver cette accusation. Il prit un veau parmi les troupeaux du procureur, et l’emmena au Temple. Mais, discrètement il le perça légèrement à la bouche et aux yeux afin que ces tares le dispensent d’être sacrifié sur l’autel du Temple. Le procureur ignorant la ruse de Bar Kamtsa prit cette décision pour une injure, en informa Rome et l’empereur ordonna la chute de Yérouchalaïm. (Traité du Talmud ‘Guitin’, 55-b, 56-a)

 

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