L'arbre qui cache la forêt.

« Je suis entrepreneur en bâtiments, marié, et père de deux enfants, je m’entends parfaitement avec ma femme, je gagne largement ma vie, bref, il ne manque rien, et justement, c’est cela mon problème, je vis sans but ! Je mange pour obtenir la force de travailler, et je travaille pour payer cette nourriture, en dehors de cela , je n’ai aucune bonne raison de me lever le matin, je suis dépourvu de ressorts, et je me demande si je ne devrai pas me tourner vers la religion, car j’ai remarqué que l’emploi du temps des religieux est aménagé selon un programme, ils vont matin et soir prier à la synagogue, ils libèrent un moment, de leurs activités professionnelles, et se consacrent à l’étude… »

Le Rav Israël Meïr Lao, alors étudiant de la Yéchiva Ponovich, recueillit ces confidences, au cours d’un entretien impromptu avec un visiteur en quête de réponses concrètes qui pourraient peut-être donner quelque sens à sa vie…

A la même époque, il fut convié par le lycée Berner de Petah-Tikva, et se retrouva devant un parterre d’élèves qui attendaient cyniquement son exposé. L’un d’eux lui dévoila franchement son manque de compréhension de sa présence ici-même. Le thème de la conférence devait porter sur les dix jours qui se situent entre Roch Hachana et Yom Kippour. Visiblement, les adolescents n’établissaient aucun rapport avec la rentrée scolaire qui venait de s’effectuer, et les exigences que les sages préconisent à cette période, à l’exception de l’accumulation automatique de nouveaux jours de congés.

Le Rav Lao, ne se laissa pas troubler et prit comme exemple deux sortes de calendrier, celui qu’on accroche sur le mur et le petit agenda de poche.

Le premier, son unique fonction est de fournir 365 pages que l’on arrache au fur et à mesure que les jours finissent, l’année passée, cette année, l’année prochaine…chaque jour que Dieu fait, on enlève une feuille du calendrier et on la jette au panier.

Mais de l’agenda de poche, on en fait un autre usage, à peine acheté, on en remplit les colonnes méthodiquement, l’anniversaire d’untel, le mariage de machin, la Bar-mitsva du petit frère, les rendez-vous de la semaine, des téléphones, des adresses…(aujourd’hui, on utilise presque tous des agendas électroniques, ça ne change pourtant rien à la valeur de la comparaison que fit le Rav Lao, il y a plus de cinquante ans), et on ne jette jamais cet agenda à la poubelle, quand il le faut, on en rachète un, et on le rafraichit à l’aide de l’ancien.

Moché, sourit le Rav Lao, la Tora vient t’apprendre, et encore plus en ce moment, que tu dois diriger ta vie comme un agenda que tu remplis, et non comme un calendrier que tu vides !

Nous avons choisi ces témoignages, en relation avec ce que nous racontent souvent nos partenaires français, à propos de leurs enfants, qui subitement renoncent à l’assurance d’un bon salaire, abandonnent tout un mode de vie laïc et républicain, montent en Israël, intègrent une Yéchiva ou un Collel, se refusent de travailler davantage et deviennent des religieux noirs durs et implacables.

Remarquez, avant tout, que nous ne nous opposons absolument pas, ni à l’idée qu’il faut travailler, ni à l’idée de profit, le K’B’Hou souhaite nous dispenser ses bénédictions par l’intermédiaire d’un ustensile, le travail peut-être considéré comme un récipient au fond duquel, Il versera ses bénédictions.

Le point que nous soulevons demeure caché derrière des siècles d’enseignement, surtout en Europe, que l’ambition, la carrière et la réussite matérielle sont des conditions d’épanouissement, de réalisation personnelle, et que celui qui n’y voit que du vide et des apparences trompeuses est un fou.

Laissez- nous vous dire, que la vérité est plus complexe, récemment un britannique très fortuné, a fait don de toute ses richesses à des œuvres philanthropiques, ne conservant qu’un modeste appartement, en déclarant que l’argent ne fait pas le bonheur, et qu’il voulait vivre désormais comme un homme normal (il n’est pas religieux, et pas même juif).

Des milliers d’étudiants talmudiques se consacrent jour et nuit à la Tora en Israël, délaissant la compétition et la gloire des performances économiques. A leurs yeux, il est mille fois plus rentable de s’investir dans l’éducation de leurs enfants en leur apprenant des valeur idéales, de parfaire l’harmonie conjugale, de préserver la chaleur du foyer familial, l’équilibre de leur personnalité basé sur l’écoute et le respect de l’autre, de participer à la communion des esprits durant les offices, d’accomplir les commandements de Dieu et de partager la certitude intérieure que la vie est un long fleuve sans fin, libéré des anxiétés que le monde moderne distribue comme un prix magnifique à ses adeptes.

Heureux doit être le père dont les enfants se sont réveillés et depuis privilégient la qualité de leur vie, ils offrent une alternative réelle à celui qui ne se sent aucun goût de devenir un robot parfumé, ils fortifient les digues et les bastions de la vraie raison, ils sèment les graines saines, que les futures générations récolterons avec sollicitude, ils préparent l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants, et de nos arrières petits-enfants.

Nous n’ignorons pas la lourde aide pécuniaire, dont les parents se chargent d’apporter aux jeunes familles. Cet effort est méritant à l’extrême, il s’agit parfois de quelqu’un qui, Shabbat travaille, voyant la laïcité comme un remède efficace et chargé d’espoir, et la religion comme un facteur de troubles et de dissensions, il faut un amour paternel considérable pour taire ses opinions et chaque mois prélever de ses bénéfices, une part pour le fils ingrat qui méprise ses diplômes, et ne se voue qu’à la Tora.

Admettons que cela aussi est un décret du ciel ! La vérité s’installe dans toutes les rues de Yèrouchalïm, les parvis du Temple se remplissent, des centaines de milliers de personnes tout doucement retournent vers Dieu, éprouvent un désir puissant de s’en rapprocher et de tourner le dos aux futilités de la vie, ils ne peuvent fuir, s’étioler plus, ignorer le son du chofar qui fait trembler les fibres de leurs âmes. Prions simplement que Dieu, nous aussi nous rappelle à Lui, et guide nos pas vers un repentir sincère. Amen !

 

 

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