Le fond de la lumière

« La lumière se répand sur les justes, et la joie sur les cœurs droits » (Théhélim, 97-11)

Le concept de ‘lumière’ concentre et réunit dans la langue figurative tous les qualificatifs appropriés au bonheur de vivre, comme la sérénité, le calme, le respect ou la vénération, la santé mentale et physique… Ce que résume le verset du livre d’Esther : « Pour les juifs, ce n’étaient que joie rayonnante, contentement, allégresse et marques d’honneur. » (8-16), ou le prophète Ychaya : « Lève-toi, resplendis, car la lumière est venue… » (60-1), ou encore Chemouel : « Oui, tu es mon flambeau, Seigneur ! Hachem illumine mes ténèbres. » (Chemouel 2, 22-29), en opposition au mot ‘ténèbres’ qui comprend une connotation nettement plus négative: « …Le sot chemine dans les ténèbres. » (Kohélet, 2-14), et dépeint des situations sinistres : « Que ce jour-là ne soit que ténèbres !...Et qu’aucune lumière ne l’éclaire ! » (Yéhov, 3-4), ou des hommes de mauvaise augure : « Quel est celui qui dénigre (mahchich, en hébreu signifie noircit) les desseins par des discours dépourvus de sens ? » (Yehov, 38-2). Il en résulte que la lumière ne contient que des bonnes choses, et les ténèbres que des choses désagréables : « Je forme la lumière et crée les ténèbres, j’établis la paix et suis l’auteur du mal… »( Ychya, 45-7), et que, l’on peut mettre en parallèle, la lumière et la paix, les ténèbres et le mal, et c’est l’une des interprétations de ce verset : « La lumière se répand sur les justes… »,un tsadik recevra en abondance tout les bienfaits du monde.

Mais, on peut aussi entendre au travers de ce verset, qu’il s’agit vraiment de la lumière naturelle, et qu’il fait une allusion au premier jour de la création, quand le ‘k ‘B ‘hou, considéra que la lumière était bonne, mais vit que le monde en détournerait quelques uns de ses effets influents, et les utiliseraient à son profit, et décida de les cacher à la seule fin que rien que les justes puissent sans servir dans le futur.

Entre la lumière, et les âmes, il y a un fin rapport : « Quel chemin mène à la demeure de la lumière…Et tu le sais sans doute ! Car tu étais né dès lors, et grand est le nombre de tes jours ! » (Yéhov, 38-19,21), le ‘K ‘B ‘Hou dit à Yéhov : « la formation de la lumière ne t’es pas inconnue, tu es né en même temps, le premier jour de la constitution de l’univers », et lui apprit ici que les âmes humaines furent crées avec la lumière, comme les vers de Rabbi Yéhuda Halévi le sous-entendent : « Tu conçus les âmes, et la lumière en premier… ». L’écriture également confirme ce jumelage, en insistant à deux reprises sur la création de la lumière, et sur Adam: « …Que la lumière soit ! Et, la lumière fut… », et : « (Il) façonna l’homme…Et devint un être vivant. » (Béréchit, 1-3, et 2-7), tandis que les autres éléments de la création ne sont mentionnés qu’une seule fois. Nous pouvons déduire de cette association que fit le créateur que comme la lumière est précieuse et perpétuelle, l’âme des justes l’est tout autant. Un exemple du Midrach illustre nos propos, un roi reçut un cadeau magnifique, il dit, ce sera pour mon fils, c’est ce que le verset exprime : « La lumière se répand sur les justes… »

Sous un autre angle d’approche (Midrach-Rabba, Chémot, Chap.1, 2-2), le verset « La lumière se répand sur les justes… », personnalise Moché, dont la maison se remplit de lumière à sa naissance : « …Elle considéra qu’il était beau (Tov, en hébreu)… »,(Chémot, 2-2), et : « Dieu considéra que la lumière était bonne (tov, en hébreu)…(Béréchit, 1-4), ou : « …Le visage de Moché, dont la peau était rayonnante… » (Chémot, 34-35).

La fonction de Moché, dès sa naissance fut d’illuminer l’univers, en recevant la Tora au mont Sinaï, en bâtissant le Tabernacle qui ressemblait en tous points au Beit-Hamikdach, et devait dispenser sa lumière sur le monde : « Et les peuples marcheront à ta lumière… » (Ychya, 60-3), et en façonnant ensuite l’armoire sainte qui contenait les tables de la loi, rassemblant la Tora et les commandements qui possèdent une aura puissante et éternelle : « Car le devoir est un flambeau, la doctrine une lumière… » (Michley, 6-23).

La Tora se divise en deux parties, la Bible ou l’écriture, et le Talmud, les Midrachim, et le Zohar, qui composent la Tora orale. Sans la Tora orale, qui est une analyse scientifique rigoureuse de la Tora écrite, des instructions que reçues Moché de la bouche de Dieu, et un manuel ultra-précis d’application, il est absolument impossible de comprendre les commandements de la Tora, de se soustraire aux contradictions flagrantes, ou aux répétitions qui encombrent le texte, et que Dieu nous en préserve, il pourrait en sortir un charabia dangereux pour l’humanité, comme le prouvent les religions un peu voisines du judaïsme. La Tora orale ne fait aucune concession à la foi aveugle et au raisonnement subjectif, mais creuse le sujet jusqu’à la racine, et soumet ses solutions à des vérifications de laboratoire. Cette méthode a permis d’élever depuis ses fondations un modèle de vie que nous gardons jalousement à l’abri des innovateurs audacieux.

La fabrication du candélabre et de ses composantes interpelle notre curiosité, et introduit une question pertinente, dans quel but le ‘K ‘B ‘hou recommanda t’il d’allumer les lampes du luminaire, Celui de qui on a dit : «… Il connaît ce que recèlent les ténèbres, et la lumière réside avec lui. » (Daniel, 2-22), et : « …la terre s’illuminait de sa gloire. » (Yéhizkyel , 43-2), avait-Il vraiment besoin que des hommes Lui allument des lampes ? Le Midrach Tannhouma reformule cette énigme et confie qu’Hachem lorsqu’il demanda à Moché « d’alimenter les lampes en permanence » (Chémot, 27-20), dit : « vous croyez que Je dépends de ces lampes, un roi fait de chair et de sang allume une bougie au moyen d’une flamme, sinon, comment pourrait-il l’allumer ? Moi, de l’obscurité, J’ai sorti la lumière quand « Les ténèbres couvraient la face de l’abîme… » et J’ai dit « Que la lumière soit ! Et la lumière fut » (Béréchit, 1-2,3), Je n’ai souhaité que vous alimentiez les lampes en permanence, que dans l’intention de vous grandir au-dessus de tous les peuples ».

L’une des raisons pour laquelle le miracle de Hanoukka dura huit jours, selon certains commentateurs est due à la lenteur des déplacements d’alors, car il aurait fallu exactement quatre jours de route pour aller chercher des futs d’huile pure, et quatre jours pour revenir, comme quoi, tout est entièrement soumis à la divine providence.

(La plupart des interprétations du verset principal de cette page est traduite de l’ouvrage de Rabeinou Béhayé, ‘Kad Hakémah’).

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