Promenade dans le jardin de la confiance

                                                                  

Voici une histoire vraie qui se déroula il y a quelques décennies dans une communauté juive et qui ébranla les esprits et entraina de nombreuses interrogations tant chez les gens mûrs, tant chez les gens plus jeunes.

Une jeune fille issue d’une famille honorable de la ville épousa un commerçant très pieux, très actif au sein de sa communauté, recherchant toutes les occasions de faire du bien et secourant sans compter les plus malchanceux.

Leurs premières années de vie commune se déroulèrent de manière agréable, les naissances se succédant harmonieusement et ils commencèrent à élever leurs enfants avec diligence, leur inculquant des principes d’humilité et de pudeur, le père donnant un exemple personnel en consacrant chaque jour un moment à l’étude de la Tora, y joignant des actions quotidiennes d’entre-aide, de soutien et de charité envers les pauvres. Des milliers de nécessiteux profitèrent de sa largesse et de sa bonté de cœur pendant ces années.

Pourtant, soudain le malheur survint, et où survint-il ? Justement dans cette demeure ! Leur troisième enfant fut horriblement assassiné par un non-juif en état d’ivresse…Que Dieu nous en préserve !

Toute la ville, émue et bouleversée par cet événement épouvantable se précipita chez les parents endeuillés afin de les consoler. Beaucoup émirent un point de vue pessimiste à voix basse sur l’injustice du sort qui permit à cette famille de se faire agresser de la sorte, certains même parlèrent plus ouvertement en demandant si c’était cela la récompense qui attendait ceux qui servent Dieu fidèlement ? Pourquoi Le Maitre du monde frappa-t’il parmi les meilleurs, et pourquoi l’enfant dut-il mourir d’une mort si cruelle ? Du mécontentement jaillit au sein de la population juive et conduit quelques uns à s’éloigner brusquement de la religion.

Les parents épleurés, se résignèrent, confiants et soumis, continuant à aimer le KB’H comme par le passé et reprirent leurs activités avec courage. Mais peu de temps après, une autre catastrophe vint les éprouver. Les gens murmurèrent que le commerçant venait de s’aliter, menacé de succomber à son tour à une grave maladie. Dans toutes les synagogues on entama des prières et des supplications en sa faveur. Le rav de la ville décréta, usant de ses privilèges, qu’il ordonnait au ciel de le sauver, les médecins tentèrent l’impossible. En vain ! Il fut enterré au milieu de pleurs amers, laissant son épouse et leurs enfants à sa charge.

Passèrent deux ans ; l’ainé des fils, qui venait de se marier (à cette époque, il était courant de marier les enfants encore adolescents), se trouvait chez sa mère la veille d’un Chabbat. Il ressentit qu’elle ne parvenait pas à vaincre sa mélancolie depuis le décès de son père. Il prit sur lui de tenter de réanimer sa joie et de remonter son moral à l’aide de paroles sensées et percutantes. Il lui expliqua surtout que tout ce que fait Le Saint Béni Soit-il c’est toujours pour notre bien, qu’il fallait essayer de continuer à vivre et ne pas chercher à deviner les desseins mystérieux du Créateur, que le reste de leur famille avait expressément besoin de la voir sourire… en bref, il parvint à la convaincre de tourner la page et de poursuivre sa vie avec optimisme malgré l’épreuve qu’elle venait de traverser.

Subitement durant le Chabbat qu’ils passèrent ensemble, elle s’aperçut qu’elle recevait des forces nouvelles, elle s’occupa des autres enfants plus joyeusement que d’habitude, comme libérée tout à coup de ses idées noires.

A l’issue de ce Chabbat alors qu’elle alla se coucher, elle revit le visage de son mari et se rappela des souvenirs qui leur étaient chers à tous les deux, et cela ne lui fit pas mal, c’était léger et agréable. A l’approche du matin elle fit un rêve étonnant, au cours duquel elle s’entretint longuement avec le défunt et celui-ci lui révéla les raisons de sa disparition ainsi que celle de leur troisième fils…

Intentionnellement et par précaution nous n’avons pas voulu relater précisément leur conversation pour ne pas donner prise aux réfutations que l’on pourrait faire à propos de l’interprétation des rêves et quant à la validité du témoignage que l’on peut en obtenir. Ce qui nous intéresse ici, c’est créer un lien entre ce récit et les conséquences que des évènements dramatiques produisent, et un livre écrit par le rav Chalom Arouch, Le Jardin de la Foi, que nous allons développer patiemment.

Pourquoi le monde ? Ainsi au fond, on pourrait résumer l’introduction de ce traité. En effet toutes les questions qui nous tracassent et nous inquiètent ont pour objet, la vraie finalité de la vie. Chacun souhaite comprendre, même s’il le formule avec ses propres mots, le but ultime de la création, tellement les choses lui paraissent absurdes quant il y songe. Par exemple, pourquoi y a-t’il autant de différences entre les destins des individus, quelle est la cause qui engendre que celui-ci réussit dans les affaires, et celui-là écope des échecs ; qu’un couple s’entend vraiment bien et que leurs voisins s’entre-déchirent ; pourquoi les enfants de Levi sont des petits génies et les miens des cancres que toutes les écoles rejettent ; par quel miracle mon collègue de bureau qui fume sans arrêt et mange tout ce que son appétit désire est solide comme un turc, et moi qui suit les régimes les plus équilibrés, c’est à peine si je tiens sur mes jambes…ces disparités ont-elles un sens ? Il y a des gens qui mènent une vie facile et il y a des gens qui ploient sous un fardeau de souffrances et de tourments pénibles ; il y a des gens qui ont tout en abondance, et il a des gens qui manquent de l’essentiel ; il y a des femmes qui enfantent des enfants qui ont de gros problèmes médicaux, tandis que dans la plupart des familles les enfants grandissent sains et en bonne santé ; il y a des journées fantastiques, et des matins où l’on ne compte déjà plus les ennuis qui font baisser les bras, quel est le phénomène qui provoque un tel changement ? Il y a des célibataires qui s’interrogent pourquoi est-ce aussi difficile de dénicher l’âme sœur, alors que tous leurs amis sont déjà casés, Quelle justice dirige l’humanité ? Vers quelle conception de la vérité faut-il donc se tourner ? Comment saisir, enfin, le bonheur ? Est-il réellement accessible, sans que cet espoir reste un simple délire passager ?

Ces questions ont-elles une réponse ?

Le rav Chalom Arouch nous propose une solution unique et appropriée à tous les cas de figures :

La foi, la confiance, la certitude inébranlable qu’il y a un créateur, maitre du monde, qui contrôle entièrement l’univers en général, et tous les détails les plus infimes et les plus singuliers de tous les individus, en particulier.

Il décide des conditions précises et des paramètres dans lesquels nous allons naitre et évoluer, quels seront nos parents, qui nous épouseront, combien et quels seront nos enfants, quelles seront nos aptitudes, nos dons et nos talents, si nous seront riches ou pauvres, quels d’amis nous entoureront…et ainsi de suite.

Il détermine aussi et intervient dans chaque épisode de notre vie courante, à tous les stades et à chaque instant. Il fixe les moments où nous réussirons, les moments où nous peinerons, qui nous vexera ou nous flattera, qui nous rencontreront et nous demeurera inconnu, qui nous fera trébucher, ou avancer, et à quelle période, et dans quelles circonstances… tous les tournants de notre vie intime et sociale sont calculés et soumis à Son jugement.

La seconde chose à retenir c’est qu’il faut toujours avoir l’assurance que tout ce que la providence divine nous réserve et nous adresse est pour notre plus grand bien. Il ne peut avoir d’erreur ou de hasard, ce qui survient est prévu dans l’objectif d’atteindre le but pour lequel l’homme fut crée.

Le K’B’Hou sait pertinemment qu’un tel ne pourra se corriger sans affronter la réalité particulière qui lui a été destinée, avec tous les manques, toutes les pertes et les lacunes qu’elle comporte, et qu’un tel progressera plus s’il lui fournit la fortune et la gloire. Du type de réparation qu’il doit entreprendre, et du niveau auquel il doit accéder, dépend le schéma entier de sa vie.

Concrètement, Ha Chem créa l’homme dans l’espoir que celui-ci s’efforce de le connaître, et il vit que ce ne serait envisageable que dans la mesure où il le transplanterait dans un milieu déterminé. Ce savoir est le fondement de le foi et de la confiance, il permet d’être sincèrement heureux en toutes circonstances, et de réfléchir sainement à chaque événement qui croise notre existence, et de le classer comme un élément d’un ensemble que Dieu manifeste de nous enseigner. Le K’B’Hou nous parle à l’aide d’un langage chargé d’expériences qui est le lot de notre vie.

C’est pourquoi, s’il arrive que nous multipliions nos erreurs, et que nous ne prêtions pas attention aux multiples mises en garde que le K’ B’ Hou nous expédie sous formes d’incidents ou de malchance dans nos diverses entreprises, nous risquons alors d’être la proie de rappels à l’ordre beaucoup plus durs, et parfois de nous débattre dans les affres de l’enfer sans qu’aucune solution rationnelle nous apparaisse, à part, même contre notre gré, nous en remettre à Son infinie compassion et nous abreuver à la fontaine de la foi et de la confiance.

L’édifice de la foi et de la confiance ne peut s’achever sans la nette certitude que ce monde, auquel nous participons par notre présence, n’est que la partie de l’iceberg qui immerge et se révèle à nos yeux. Il y a aussi le monde futur et en dépit qu’il nous reste invisible il doit figurer dans nos pensées : il est inimaginable qu’Ha Chem inventa un univers aussi complexe et posa l’homme, dont la structure mentale phénoménale accède aux secrets des sciences les plus ardues, sur une de ses planètes, comme ça, à cause d’une vague idée de moins s’ennuyer en regardant le cosmos et ses acteurs, le soir sur son grand écran !

Nous pouvons nous demander, y a t-il un avantage à rassembler des hommes sur la terre afin qu’ils périssent les uns après les autres, aux moyens les plus sophistiqués, comme la maladie, les guerres, les privations, ou la vieillesse au pire ? Le K’B’Hou leur dessina une âme délicate, leur suggérant des sentiments très fins, les pénétrant de sagesse et d’ingéniosité…et les condamna à disparaitre sans bruit au terme de 70 ou 80 ans, dont le quart au moins, s’effectue dans la peine, la souffrance et les soucis en tout genre… N’est-il pas logique de concevoir, que cela débouche sur autre chose, que les fruits acquis patiemment durant les turpitudes de leur vie, vont enfin leur être remis, qu’il y a un projet à la base qui promet une vie éternelle aux hommes, et que ce monde- ci est un creuset dans lequel ils devront prouver leur capacité à gagner une bonne place dans le monde futur ?

Par définition notre bref passage dans ce monde ressemble à une étape entre deux stations, à un transit entre deux vols, et la durée de son séjour ici-bas est prédestinée par la rapidité ou la lenteur avec laquelle il parviendra à remplir les changements qui lui ont été demandés, ses mérites acquis au fur et à mesure, ses antécédents (familiaux et personnels)… Cette somme de données n’est connue que du K’B’Hou, qui en dispose et précipite quelques fois notre retour ou le retarde pour des motifs qui varient et nous sont incompréhensibles, mais indéniablement, il y a un prolongement, une continuité et une pérennité de la vie et de la conscience après sa séparation d’avec le corps, et les récompenses (ou les punitions), succèdent à l’engagement qui a été le notre durant notre vie terrestre. Quand nous usons des mots récompenses ou punitions, il faut bien sur, entendre des états qui produisent des effets de joie très profonds, et des ascensions spirituelles ou à l’inverse des souffrances intérieures, qui peuvent être pires que celles physiques, et des régressions spirituelles, ou des modifications et des handicaps à surmonter dans la prochaine incarnation.

Rabbi Meïr qui avait deux fils, chaque Chabbat se plongeait dans ses parchemins et se coupait du reste du monde. C’est à peine s’il quittait la maison d’études et venait participer aux repas traditionnels de sa famille. Au cours d’un Chabbat, ces fils moururent, leur mère Brouria cacha leurs dépouilles à l’étage supérieur et laissa Rabbi Méïr se concentrer comme il en avait l’habitude, et juste quand il s’enquit de ses enfants, elle prétexta quelque chose de confus, et ils finirent le dernier souper que l’on prend après la sortie des étoiles afin d’accompagner le Chabbat qui s’éloigne à notre grand regret, elle lui soumit une question ressemblant à un problème de législation et de droit des affaire :

- Rabbi, si une personne, m’ayant remis en dépôt dans le passé, un gage et aujourd’hui, souhaite le reprendre, que dois-faire ?

- Lui rendre, évidemment, s’étonne Rabbi Méïr.

Brouria, l’emmena alors vers la chambre mortuaire, lui montra les deux corps recouverts de draps blancs et attendit. Rabbi Méïr fondit en larmes et gémit comme frappé brutalement. Brouria lui dit :

- Rabbi, ne m’as-tu pas répondu que si le propriétaire d’un objet qu’il déposa chez nous, revient le chercher, nous devons lui retourner ?

Rabbi Méïr sécha ses pleurs et demeura ébahi devant l’immense sagesse de son épouse.

Notre évolution dans ce monde, n’est qu’une parenthèse qui nous offre des moyens pratiques de gravir des échelons et nous ouvrira le portail ésotérique de la sublime réalité qui nous attend tous un jour. C’est vrai que tant que nous sommes prisonniers de cet univers un peu obscur, nous sommes sujets à de nombreux doutes, à des contradictions permanentes difficiles à résoudre, mais la foi et la confiance et le souvenir que nous sommes en train de réparer nos erreurs du passé, de préparer et de consolider notre position dans le monde futur, nous fait découvrir un nouvel horizon qui devrait nous aider à accepter les épreuves que Dieu nous envoie et nous gaver du bonheur de savoir que nous sommes l’une de Ses créatures.

En conclusion, il nous semble que le rav Chalom Arouch dresse un portrait de l’homme juif idéal. Il nous invite à réfléchir par nous-mêmes, et de faire d’une pierre deux coups, c’est-à dire réussir à fonctionner sans discorde interne, en parfaite harmonie avec tout ce qui nous entoure et tout ce qui vient troubler notre tranquillité, et d’autre part il nous garantit de meilleures performances dans le domaine matériel.

Comment ? En cessant de considérer la vie comme un invisible ennemi perfide qui s’acharne à nous mettre des bâtons dans les roues… Au point que même la mort peut-être perçue comme une transition certes inéluctable, mais riche de promesses, que la maladie ou des pertes d’argent ne sont que des instruments dont se sert le Créateur pour réveiller notre apathie et nous inciter à le prier et à ouvrir un canal de communication entre lui et nous, car quelle est la personne qui pourrait certifier son manque de foi absolu ? Nous possédons tous un grain de foi, de confiance, de certitude intérieure, mais nous ne savons ni le traduire, ni l’exprimer par des actes concrets et efficaces. Ce pouvoir, cette force colossale est contenue dans la prière, plus que partout ailleurs. Lorsque nous parlons avec Dieu, nous admettons implicitement sa suprématie et nous lui faisons part de notre reconnaissance et de notre soumission, et nous manifestons le désir que cette correspondance nous soit positive, n’est ce pas l’expression la plus candide de notre foi et de notre confiance dans ses décrets et dans la compassion qui les guide, l’assurance que, malgré le tourbillon qui nous aspire des fois, nous savons qu’Il est le Seul vers qui se tourner. Le rav Arouch détient une méthode, une science qui proclame ouvertement, sans honte, ni pudeur que la foi juive soutient depuis des millénaires que le K’B’Hou est la cause, la réalité authentique et la finalité de chaque chose, et qu’il attend patiemment que l’on trace un sillon dans sa direction, et cela suppose élargir notre vision, abandonner souvent des modèles de pensée archaïque, recomposer certaines appréciations puériles et stériles auxquelles nous sommes fort attachés et devenir de véritables promoteurs du progrès de l’humanité, en s’attachant à des valeurs sereines positives et productrices.

   

  

Le livre du rav Chalom Arouch, dont nous vous avons présenté le premier chapitre sommairement, et en n’insistant que sur les aspects généraux, poursuit au fil des pages une inspection très approfondie de tout l’environnement du concept de la foi, mais il nous a semblé déloyal de notre part de continuer dans ce sens, car il introduit de nombreuses assertions que seul un public très religieux ou préparé peut accueillir sans que cela ressemble à de la manipulation, si on considère l’une des facettes de notre site, qui est de collecter des fonds pour la communauté israélienne, et surtout de promouvoir un climat de liberté des opinions personnelles, tout en vous conviant à notre table de réflexion quand vous en éprouverez l’envie.

                                                   

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×