Paracha Choftim

the-river-jordan.jpg« Afin que ton cœur ne s’enorgueillisse pas à l’égard de ses frères et qu’il ne s’écarte de la loi ni à droite ni à gauche… » (Dévarim, 17-20)

 

La responsabilité d’un monarque comporte deux avantages que l’on peut résumer ainsi : d’une part, il est comme une tour que la loi protège car l’excellent exemple qu’il donne au peuple l’exempte de fauter lui-même (Traité ‘Avot’, Chap. 5, Michna 18), et en outre, on lui confère moult agréments, privilèges et honneurs ; pourquoi ce couronnement  lui vaudrait-il en plus une récompense ?

Il faut supposer qu’il y a à cela une unique condition : qu’il mette au service d’HaChem toute son énergie, méprisant au fond de son cœur la grandeur qu’on lui confère, et n’y voyant qu’un  outil utile et indispensable à l’accomplissement d’un commandement.

 

Un pauvre se rendit un jour chez un riche notable de la ville qui lui servit un repas vraiment copieux. L’indigent but et mangea, mais malgré la coutume ne reçut aucune aumône avant de partir. Il jugea peu convenable de se plaindre, après un tel déjeuner. Pourtant si nous imaginons que ce pauvre  observait à ce moment un jeûne, et qu’il fit semblant de se restaurer, nous comprenons alors, qu’il se sentira lésé d’un dû, comme un ouvrier à qui l’on refuse son salaire ; car le repas fut pour lui une épreuve, et il espérait un dédommagement.

 

« Afin que son cœur ne s’enorgueillisse… », c'est-à-dire, que les marques d’honneur et de considération ne l’impressionneront pas, et que son comportement ne se sera pas troublé, et qu’au contraire il ressentira une certaine humilité d’avoir été choisi pour représenter la royauté, puisque en vérité Dieu ne lui doit rien, et que les devoirs de l’homme sont différents et dépendent de ce que chacun reçut en partage.

 

 Deux commerçants se rendent chez leur fournisseur pour y acheter de la marchandise, l’un commande beaucoup de choses et obtient un long crédit, et son concurrent commande peu et n’obtient qu’un court crédit. Peut-ont dire que le premier est supérieur à son camarade, en se fiant à la quantité de marchandise qu’ils ont prise ? Ce serait ridicule, car en fait ils vont tous les deux devoir rembourser leur dette en fonction de leur commande. Cependant, s’ils n’avaient nullement l’intention de payer, il y aurait matière à s’enorgueillir l’un à l’égard de l’autre.

 

Le roi n’a pas lieu de s’enorgueillir, en échange de la majesté qui lui a été donnée, il est redevable bien plus que les membres de son peuple, et HaChem le jugera certainement avec une rigueur plus grande, « Afin que son coeur…Et qu’il ne s’écarte de la loi… » signifie que tant qu’il restera conscient de sa dette, il n’y a pas de risque qu’il s’enorgueillisse et de raison de se croire supérieur à ses frères ; mais s’il oublie le montant de sa dette, et que la crainte du ciel le quitte au point, qu’il décide de ne pas rembourser, ici, il se pourrait qu’il s’enorgueillisse.

 

(Extrait et traduit librement du livre ‘Michelei Yaacov’)

 

Chabbat Chalom !

 

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