Paracha Choftim

jericho.jpg« …Tu ne pourras mettre à ta tête un homme étranger qui n’est pas ton frère. » (Dévarim, 17-15)

 

Cette façon de s’exprimer se rencontre parfois dans l’Ecriture : « Tu ne verras le bœuf ou la brebis…Et te dérober… » (Dévarim, 22-4), « …Le peuple ne pourra monter sur le mont Sinaï… » (Chémot, 19-23), et signifie : tu peux, mais je te l’interdit. Cependant, cela ressemble, selon le sens littéral à une absence de possibilité.

 

Dans le cas de : « Tu ne verras…Et te dérober… », il faut comprendre que ce commandement vient nous enseigner un type de morale, afin que nos agissements et nos comportements soient en rapport avec le cœur et l’âme, et non des réflexes privés de sentiments ; en effet, lorsque une personne déteste une autre personne au point de se désintéresser de son sort, elle ne s’obligera à l’aider que contre son gré, en raison du décret imposé par la Tora, mais cet acte sera dépourvu d’une intime et franche motivation. Ainsi ce verset nous avertit que nous devons attacher la même importance à l’argent de notre camarade, qu’à notre propre argent, au point que nous ne pourrons plus faire semblant d’ignorer ce qui lui advient, comme il serait impensable que nous devenions aveugles quand il s’agit de nos affaires personnelles.

C’est aussi dans cet esprit qu’il faut interpréter : « …Le peuple ne pourra monter sur le mont Sinaï… ».

 

Si l’on nous sert un plat qui nous fait envie, alors que le médecin nous a formellement ordonné de ne pas y gouter, il n’est pas juste de dire que nous ne pouvons en manger, et en fait rien ne nous en empêche si ce n’est la prescription du médecin, et donc, deux forces contraires s’opposent, la gourmandise et la mise en garde du médecin. Pourtant, si un malade se tort de douleur sur son lit et souffre tant que la vue de toute nourriture lui provoque de l’écoeurement, il pourrait peut-être se forcer malgré tout, mais c’est utopique puisque nul le contraindra.

Egalement, si quelqu’un suit un traitement, et qu’un jour un médecin de confiance dise de stopper l’absorption de médicaments, parce qu’ils provoquent encore plus de dégâts, cela rentre aussi dans la liste de « Je ne peux plus », car qui l’obligera à ingurgiter ces médicaments ?

 

C’est précisément ce qu’à répondu Moché : « …Le peuple ne pourra monter sur le mont Sinaï… », si le souhait des bnei Israël de monter sur la montagne provenait d’un désir, il y aurait ici lieu de craindre qu’ils ne puissent se retenir et qu’ils passent outre l’ordre d’HaChem, mais leur volonté était loin d’être un désir, ils aspiraient simplement à s’approcher de l’endroit le plus sacré, mais prévenus : « … Entoure la montagne et déclare-la sainte… » (Chémot, 19-23), comme dans l’exemple des médicaments déconseillés par le médecin, « …Le peuple ne pourra monter… ».

 

(Extrait et traduit du livre ‘Michelei Yaacov’)

 

Chabbat Chalom !

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×