Paracha Dévarim

« Assez longtemps vous avez tourné autour de cette montagne ; acheminez-vous vers le nord. » (Dévarim, 2-3)

Le ‘Midrach-Rabba’ (Dévarim,1-19) questionne : « comment comprendre le sens de « ‘…Acheminez- vous vers le nord.’ »

Rabbi Hyia répond : HaChem leur a dit, « si vous voyez qu’Essav vous cherche querelle, ne lui tenez pas tête, mais dérobez-vous à son regard, jusqu’à ce que son heure de gloire soit passée ».

Rabbi Yéhouda Bar Rabbi Chalom remarque : « Maître du monde, Ytshak, son père (d’Essav), l’a béni : ‘ …Tu ne vivras qu’à la pointe de ton épée ;’ (Béréchit, 27-40), et tu as accepté…Et tu nous dis ‘dérobez-vous à son regard ’… Où pouvons-nous bien fuir » ?

« Ecoute mon conseil, dit HaChem : « Lorsqu’Essav durcit le ton envers vous, dirigez vos pas vers la Tora, comme il est écrit : ‘Il réserve le succès aux hommes droits'» (michlei, 2-7)

Le Traité du Talmud ‘Brakhot’(6-b), nous raconte que Rabbi Yohanan, perdit dix fils, et qu’il prit le petit doigt du dernier de ses fils, qu’il garda toujours sur lui, pour le montrer aux personnes endeuillées qu’il venait consoler.

A la lecture de ce récit, nous restons sans voix, devant la force morale de Rabbi Yohanan, qui sut dominer sa souffrance et ses sentiments les plus intimes, et utiliser la chair de sa chair afin de réconforter par son exemple courageux des gens dans la peine.

Néanmoins, le Traité du Talmud ‘Baba-Métsia’ (84-A), relate, qu’à la suite d’une vexation, Reich Lakich, le compagnon d’étude de Rabbi Yohanan décéda. Rabbi Yohanan chercha alors un autre partenaire et il fixa son choix sur Eléazar Ben Pédat. Au grand regret de Rabbi Yohanan, Rabbi Eléazar s’efforça de toujours soutenir son point de vue dans leurs discussions talmudiques, à l’inverse de Reich Lakich qui savait mettre en difficulté Rabbi Yohanan vingt-quatre fois, ce qui lui convenait parfaitement, et à son tour, il devait le corriger ou le contredire vingt-quatre fois dans un esprit de compétition et de stimulation intellectuelle commun.

Rabbi Yohanan alors désespéra, cessa d’étudier avec Rabbi Eléazar, et fit de la dépression. Alertés, les sages prièrent pour sa guérison mentale, et Rabbi Yohanan mourut.

N’est-ce-pas stupéfiant d’observer ces deux réactions différentes devant une épreuve ? Ses fils disparaissent l’un après l’autre, jusqu’au dernier, et rabbi Yohanan se tient debout devant le caveau de son plus jeune fils, invincible, prend l’un des doigts du défunt, et bravement, de maison en maison va soutenir des familles en deuil, exhibant sa preuve macabre, où puise t-il son courage ? Mais quand, après la disparition de Reich Lakich, qu'il se retrouve seul, et qu’il devine que personne n’a vraiment la faculté d'étudier et de rivaliser avec lui, sa douleur devient trop grande, son optimisme se dissipe, et il succombe.

La Tora est une source de vie authentique, celui qui s’y abreuve rassasie sa soif, et développe une vitalité puissante qui lui permet de résister aux épreuves terribles de l’existence. La mort de Reich Lakich, qui était à la fois son élève et le moteur de son inspiration spirituelle, rompu le fil qui le liait au pouvoir si puissant de la Tora.

C’est ce que le ‘Midrach’ que nous avons lu plus haut vient nous révéler ; à l’heure où Essav s’approchera, une torche à la main pour incendier vos maisons, ne tenter pas de lui résister ! Allez plutôt vers la Tora, plongez vous corps et âmes dans ses eaux miraculeuses. Le pouvoir de la Tora vous protégera, et vous mettra hors d’atteinte des hordes barbares, et vous sauvera des périls de la violence. Jusqu’à ce que sa chance tourne…

 

(Extrait et traduit du livre ‘Tiférette Mordékhaï’)

Chabbat Chalom !

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