Paracha Ki Tavo

jericho.jpg« Fais silence et écoute Israël, aujourd’hui tu es devenu le peuple d’HaChem ton Dieu. » (Dévarim, 27-9)

 

Le Traité ‘Brakhot’ (63-b) présente un passage qui semble difficile à interpréter correctement :

 

« Fais silence et écoute Israël, aujourd’hui tu es devenu le peuple… », est-ce donc ce jour précisément que la Tora fut donnée à Israël ? Or, ce jour même est daté à la fin des quarante ans ! Voici, le terme d’« Aujourd’hui » t’enseigne que la Tora est précieuse de jour en jour à ceux qui l’étudient autant que le jour où elle a été donnée au mont Sinaï. Rabbi Tanhoum Ben Rabbi Hiya, d’Akko dit : « Sache qu’un homme lit le Chema Israël soir et matin, et si il s’exempte un soir de le lire, il est pareil à celui qui ne l’aurait jamais lu... »

 

Remarquons déjà qu’une faute ne peut effacer une mitsva, et dans ce cas, comment peut-on considérer qu’il n’a jamais lu le Chema Israël ? Puis, posons une autre question : Quelle importance faut-il accorder à la preuve que nos sages apportent, en disant : « Sache… », car l’utilisation du mot « Sache » signifie  que leur démonstration est irréfutable, tandis qu’en réalité, il reste encore à prouver cet axiome, dans la mesure où nous cherchons la différence entre le commandement de réciter le Chéma Israël, et les autres commandements, au point qu’ils justifièrent leur intention en citant le verset : « Ce qui est tordu ne peut être redressé… » (Kohélet, 1-15) qui concerne une négligence volontaire envers le Chéma Israël du soir ou du matin (Traité ‘Brakhote’, 26-b) ?

Expliquons ce sujet en soulignant le verset : « Fais bien attention et garde-toi soigneusement d’oublier les choses qu’ont vues tes yeux, de peur de les laisser s’échapper de ta pensée durant toute ta vie. » (Dévarim, 4-9) ; l’utilité de ce souvenir est évidente et reflète le sentiment de celui qui voit à l’avance toutes les générations, et qui a constaté que l’élévation prodigieuse d’Israël au moment de leur rassemblement au mont Sinaï devait finalement diminuer à l’usure du temps, et en conséquence, la Tora nous a prévenu que nous devions préserver la bénédiction reçue ce jour. De quelle manière ? Nos sages ont expliqué qu’une absence d’intérêt d’une durée d’un seul jour équivaut à une interruption de deux jours qui ne lui seront pas restitués, puisqu’il est dit : « Elle n’est pas dans le ciel… » (Dévarim, 30-12), c'est-à-dire qu’il n’en reste rien  en haut… 

 

Imaginons le déroulement d’une guerre, et qu’un roi multiplie des observateurs du camp ennemi à tous les coins du pays, en telle quantité qu’ils peuvent communiquer vraiment de bouche à oreille, afin que leurs rapports parviennent aux officiers et aux généraux qui établissent des plans d’attaque. Mais si l’un de ces espions déserte son poste, il manquera un maillon de la chaine, et la transmission sera interrompue.

 

Hachem nous a convoqué un jour afin de nous délivrer un message qui rempli notre cœur d’espérance. Cet état ne durera qu’à la condition que nous nous tenions chaque jour devant lui avec autant de respect qu’au jour initial, sans défaillance, et que nous accordions notre vie avec les commandements de la Tora, comme il est écrit : « Jour après jour, ils s’adressent à moi… » (Yéchaya, 58-2). Cependant, si l’on néglige la récitation du Chéma Israël un seul jour, on provoque alors une interruption entre le premier jour qui nous relie à ce moment sacré et les suivants. Cela justifie l’avertissement : « Fais bien attention et garde-toi d’oublier les choses qu’ont vues tes yeux… », de manière à ne pas les laisser s’échapper de ta mémoire, et de ne pas te couper de la source de vie.

 

C’est pourquoi, il est clair que « Ce qui est tordu ne peut être redressé… » s’applique à celui qui délibérément néglige de réciter le Chéma Israël, et que « Fais silence et écoute Israël, aujourd’hui tu es devenu le peuple… » signifie qu’il faut veiller à étudier la Tora, sans omettre un seul jour, sans exception, de façon à en ressentir aujourd’hui les effets bénéfiques comme le jour où la Tora nous a été donnée. A ceux là qui s’efforcent d’étudier chaque jour, Rabbi Tanhoum s’adresse et dit qu’une seule négligence engendre qu’il soit considéré semblable à celui qui n’a jamais récité le Chéma Israël, prouvant que cette règle s’étend à la Tora entière.

 

(Extrait et traduit du livre ‘Michelei Yaacov’)

 

Chabbat Chalom !

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