Parachat Choftim

« Ne fais pas fléchir le droit, ne fais pas de différences entre les personnes, et n’accepte point de présent corrupteur, car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse leur parole. » (Dévarim, 16-19)

« …Et n’accepte point de présent corrupteur… », même pour prononcer un jugement équitable, écrit Rachi... Ne nous trompons pas, n’allons pas interpréter automatiquement ce commandement dans le sens où il est interdit de faire fléchir le droit, car cet ordre a déjà été donné au début du verset. Comprenons qu’il est interdit justement d’accepter d’être soudoyé, même avec l'intention de rendre un jugement équitable.

Le livre Mésiah ylmim pose une question intéressante : dans ce cas, comment rendre cohérente la fin du verset : "… Car la la corruption aveugle les yeux des sages...". En fait le juge rend une juste sentence, mais simplement accepte un 'petit cadeau en remerciement', il n’y pas lieu ici de penser que ce geste va induire une quelconque cécité... Pour cela Rachi vient nous expliquer que s’il reçoit ce présent, il est impossible que son cœur ne faiblisse pas, et qu’il n’inverse pas son jugement dans l’intérêt de celui qui l’a acheté.

Le livre Réva quant à lui précise que nos savants ont affirmé que tout jugement intêgre s'associe virtiuellement avec HaChem et sa création, et qu'au contraire, si ce jugement se perverti par la corruption, il n’est plus équitable, et perd sa fonction de partenaire dans la justice divine.

Le grand décisionnaire Rabbi Yossef Cairo rajoute que lorsque se mêlent chez le juge des sentiments de compassion pour l’innocent, ou des sentiments de colère ou de haine pour le coupable, le verdict ne sera pas un verdict de vérité.

« Poursuis la justice, la justice seule… » (Dévarim, 16-20)

« Comme la perdrix couve des œufs qui ne lui appartiennent pas, celui qui amasse une fortune de manière inique, elle l’abandonnera et sa fin sera misérable » (Yirmiya, 17-11).

 le Maguid de Douvna s’interroge : Pourquoi le prophète a- t’il choisi plutôt la perdrix, et non pas des choses plus périssables, comme les toiles d’araignées par exemple ? Et pourquoi n’a-t’il pas inversé les mots et dit, « Comme la perdrix qui n’a pas d’œufs et les couve… » ?

Les revers de fortune ne frappent que l’argent mal acquis et qui en réalité ne nous appartient pas ; l’argent gagné honnêtement ne subit aucun dommage, comme la Tora nous le commande : « Ne vas pas glaner dans le champs d’un autre… » (Ruth, 2-8). Cela nous rappelle le comportement d’un oiseau qui en général ne s’enfuie pas de l’endroit ou il fut élevé,mais en revanche, si on achète un oiseau ou un animal qui fut élevé ailleurs, il aura plus tendance à s’enfuir. L’argent obtenu selon une certaine morale est béni du ciel : « Personne ne convoitera ton pays » (Chemot,34-24), et comparer la fortune obtenue d’une manière louche à une perdrix est très pertinent.

Les richesses mal gagnées doivent être protégées, couvées, et il faut les surveiller en criant ou en sifflant (siffer, perdrix, 'kore' en hébreu), tandis que le propriétaire légitime de sa fortune n’a pas de raison particulière de s’inquiéter outre mesure, comme Yossef qui refusait à ses yeux de jouir de ce qui ne leur appartenait pas et sa descendance reçut en héritage de n’être jamais victime des regards malveillants, pour cette raison le prophète fait précéder le mot couver et attire ainsi notre attention sur cette perdrix qui couve et siffle, parce ce que les oeufs ne sont pas à elle, et sur les efforts superflus qu’il faudra déployer sans espoir pour conserver une fortune mal acquise... « …Elle l’abandonnera au milieu de ses jours… ».

(Extrait et traduit du livre 'Michlei Yaacov')

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