Parachat Réhé

« Vois, je mets devant vous aujourd’hui la bénédiction et la malédiction : » (Dévarim, 11-26)

« Quel profit tire l’homme de tout le travail qu’il se donne sous le soleil ? » (Kohélet, 1-3), c’est à dire quel intérêt y a t-il pour l’homme à amasser des biens dont l’utilité n’est que temporaire, est-il logique que l’homme créé à l’image de Dieu, peine tant afin de les acquérir…?

Ce monde n’est qu’une préparation au monde futur, même si nous pensons au fond de nous, que notre vie est réelle, bonne et authentique, car en fait c'est une erreur de donner à ce monde le qualificatif de ‘’bon’’, ce qui paraît être un bienfait en ce monde est parfois vraiment bon et parfois vraiment mauvais, ça dépend... Lorsque Ha Chem dispense aux hommes tout ce qui est nécessaire à leur subsistance, il ne leur manque plus rien d’essentiel ; ils peuvent alors se consacrer à l’étude de la Tora et servir Dieu, et cela en soi représente la bénédiction la plus complète, et mettre en oeuvre ainsi le projet qu’a conçu Ha Chem en les créant. Mais ceux à qui Dieu a accordé la richesse et l’abondance et qui en profitent pour tenter d’accaparer encore d'autres biens de ce monde, pratiquant parfois la corruption en entrainant les autres dans leurs entreprises malfaisantes, pour réaliser leur dessein, Ha Chem les maudit, comme il est écrit : « Il paye ceux qui le détestent, immédiatement pour les perdre… » (Dévarim, 7-10), c’est pourquoi la Tora nous affirme : « Vois, je mets devant vous aujourd’hui (en ce monde) la bénédiction et la malédiction », la bénédiction si vous obéissez, et la malédiction si vous n’obéissez pas.

Voici un exemple que le Maguid de Douvna propose et qui illustre ses commentaires :

Un jour un malade se présenta devant un riche médecin et lui demanda de lui offrir de copieuses nourritures. Les gens le prirent pour un fou, non seulement il ne réclamait pas de remèdes, mais au contraire exigeait des mets qui ne pouvaient que hâter sa mort !

Le médecin les calma et leur expliqua intelligemment : « S’il ne demande pas ce qui lui serait nécessaire à sa guérison, c’est parce que son état s’est aggravé au point qu’il ne se rend pas compte de l’idiotie de sa demande, par conséquent, je ne prêterai aucune attention à sa requête, même s’il en ressent un besoin ardent !

Il arrive que nous priions Dieu de nous donner des choses inutiles et souvent néfastes, ce qui prouve que nous avons perdu la raison. Dans sa pitié, Ha Chem entendra l’amertume de notre voix et nos cris désespérés, mais cela ne signifie pas qu’il nous exaucera, il choisira plutôt ce qui est bon pour nous, et si par mégarde il nous envoie ce que nous convoitons, ce sera très mauvais signe.

(Tiré du livre, Le Midrach, Le Maguid, Et La Parabole)

« La bénédiction, quand vous obéirez aux commandements d’Ha Chem, votre Dieu, que je vous impose aujourd’hui ; » ( 11-27)

Il est clair, comme nos savants l’ont déjà affirmé, que le salaire ou la récompense qui nous est du est fonction de notre obéissance aux commandements de la Tora, et doit être perçue dans le monde futur (Traité 'kidouchin', 39-b ). Toutefois il n’y a pas de commandement ( mitsva ) qui ne contient pas de double compensation : le capital ( kéren ), et ses fruits, comme le prophète Ychaya nous le fait remarquer : « Annoncez au juste ( tsadik ) qu’il sera heureux et jouira du fruit de ses œuvres. » (3-10), donc, il est impossible de recevoir notre capital dans ce monde, mais les fruits de notre labeur, il est possible de les percevoir dans ce monde, comme le Traité d’études 'Péa' l’enseigne, « voici les choses qui si l’homme les accomplit, il en mange les fruits dans ce monde, et le capital lui est conservé dans le monde futur » (1-1). Cependant cette distinction ne concerne que les commandements qui furent donnés par Moché, tandis que, « Je suis HaChem, ton Dieu… et Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. » (Chemote, 20-2,3), qui sont les deux seuls commandements émis par le Tout-Puissant, (Traité 'Macot', 24-a ),valident le remise à la fois du capital et des fruits dans ce monde, tel que le prescrit le Séfer Dévarim : « Le même jour, tu lui remettras son salaire… » (24-15), ce qui signifie qu'il doit, s’acquitter de sa dette aujourd'hui-même, au journalier qui a effectué un travail, sauf,si il envoie un commissionnaire à sa place ('Choulhan Arouh', Ho’’M, 339-6 ).

Cela devrait nous amener à en déduire faussement, qu’il n’y a pas de distribution de récompense dans ce monde, à part, s’il l’on accomplit les commandements, « Je suis Ha Chem, ton Dieu, et Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi », et que nous n’auront jamais la satisfaction de jouir du reste des autres commandements, ceux de Moché, dans ce monde-ci, en aucune cas.

C’est pourquoi, vint Moché nous informer que ces commandements qu’ils nous a remis personnellement sont susceptibles d’engendrer un bénéfice ou des avantages également dans ce monde, car s'il est vrai qu'on ne peut profiter du capital pour l’instant, les fruits quant à eux nous sont accessibles, et intentionnellement, il dit : « La bénédiction… », ne croyez pas que si vous l’utilisez dans ce monde, c’est seulement dû au mérite de « Je suis…et Tu n’auras pas… », je tiens à vous annoncer que vous serez bénis dans ce monde par la force de votre allégeance, « quand vous obéirez aux commandements d’Ha Chem, votre Dieu, que je vous impose aujourd’hui ; », et que si vous accomplissez les préceptes que moi, Moché, je vous recommande de suivre, dans ce cas aussi vous serez bénis ici-bas.

(Extrait et traduit du livre 'Adrat Eliyaou')

 

 

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