Paracha Béhar

« Tu compteras pour toi sept années sabbatiques, sept fois sept années, de sorte que les jours de ces années sabbatiques seront de quarante-neuf ans. » (Vayikra, 25-8)

Il est intéressant de se demander pourquoi l’Ecriture s’étend-elle autant, au point de nous préciser en détail comment compter ces années de chômage de la terre, et nous en donner le total.

Selon le Maguid de Douvno, il s’agit de conseiller l’homme sur la manière de faire le calcul des années et des jours de sa vie.

Un pauvre qui vivait de la charité publique parvint un jour à s’acheter un petit commerce, et se crut devenu riche. Un de ses voisin le railla : « du temps où tu allais de porte en porte, tu t’es habitué à compter toutes les pièces de monnaie que tu recevais, et leur nombre te faisait croire que tu possédais beaucoup d’argent, aujourd’hui c’est la même chose, tu continues à compter toutes les pièces que tu gagnes, et tu en trouves des milliers, mais si tu les changes en billets, tu verras que tu as très peu… »

Quand une personne mesure le nombre de jours et d’années qui lui sont impartis, il obtient un résultat impressionnant qui le convainc d’être bien installé dans le monde, mais s’il transforme ce chiffre en années sabbatiques, il le verra se réduire en peau de chagrin, ce qui lui fera décider s’il est au fond un résident ou un étranger de passage.

Un homme modeste s’était associé avec quelqu’un de riche, et sa femme, jalouse de l’épouse de son associé, le poursuivait de plaintes et de récriminations afin qu’il lui achète à elle aussi des bijoux et des fourrures.

Un jour, excédé, il vint à leur boutique et voulut savoir combien il possédait. L’autre s’étonna, mais il lui répondit : « ne croyez pas que je tiens à savoir ce qui me revient dans nos affaires, mais ma femme me persécute, et je veux lui montrer ce que je n’ai pas, et qu’elle sache enfin que toutes ces marchandises ne sont pas à moi ! »

L’homme a le sentiment de vivre une vie éternelle sur une terre qui existera toujours, il se laisse donc entrainer par son mauvais penchant, qui lui souffle, qu’il n’y a pas d’urgence, et qu’il aura le loisir de payer plus tard ce qu’il prend maintenant à crédit… Et le leurre, car ainsi il l’empêche de vivre pleinement, comme David nous l’enseigne : « Fais-moi connaître Hachem, ma fin et quelle est la mesure de mes jours, je saurai combien je suis peu de chose. » (Téhélim, 39-5), « Fais-moi connaître Hachem, ma fin et la mesure de mes jours… », non pas pour savoir la quantité de jours que j’ai, mais pour savoir au contraire, ce que je n’ai pas, pour interdire à mon mauvais penchant de me faire croire à la durée illimitée de ma vie en ce monde, et « …Je saurai combien je suis peu de chose. », c'est-à-dire, ce temps qu’il exige de moi, et que je lui refuse.

(Exrait et traduit du livre ‘Michley yaakov’)

Chabbat Chalom !

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