Paracha Chémini

« Les fils d’Aaron, Nadav et Avihou, prenant chacun un encensoir, y mirent le feu sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent…Un feu profane. Et un feu s’élança…Et les dévora, et ils moururent…Moché dit à Aaron : ‘‘C’est ce qu’avait déclaré Hachem en disant : Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple !’’Et Aaron garda le silence.»

En relation avec ce verset, le Midrach-Rabba ( Par.Chémini, 10-9-b) nous relate que Moché dit à Aaron : « Mon frère, au Sinaï, il m’a été dit que je serai appelé à sanctifier ce Temple par un grand homme. Je croyais, que ce serait toi ou moi…Maintenant je vois que tes fils sont plus grands que nous ! »

A propos du verset : « Ils bâtissent les hauts-lieux de Baal, pour y brûler leurs enfants en sacrifice à Baal, ce que je n’ai jamais ordonné, ni envisagé. » (Yrmiya, 19-15), le traité du Talmud (Taanit, 4-a), enseigne qu’il s’agit d’Ysthak, le fils d’Avraham, et que lorsque Hachem commanda à Avraham de lui sacrifier son fils, sa réelle intention fut de l’éprouver (Rachi), car la vie des justes est très chère aux yeux du Kaddoch B-H, et Il n’admet pas que l’on sacrifie un être humain, même en Son honneur.

Dans ce cas, pourquoi Dieu annonça t’il à Moché que la consécration du Temple nécessitait la mort d’un grand homme, Nadav et Avihou, en l’occurrence ?

Un exemple pourra nous aider à dénouer les liens de cette supposée contradiction :

Après avoir construit une ville nouvelle, un prince appela ses conseillers et leur demanda de vérifier, si cette cité était bien pourvue de tout ce que ses futurs habitants pourraient souhaiter. Ils constatèrent qu’en dehors d’un médecin, la ville ne manquerait de rien. Sur le champ, on dépêcha un docteur renommé qui savait guérir les maladies les plus graves, et l’on procéda à l’inauguration de la ville.

Ce jour-là, justement, on emmena un homme souffrant de maux de tête devant le médecin sans égal. Il le conduisit à son cabinet entièrement neuf, l’ausculta, lui fit ingurgiter quelques mixtures, et annonça qu’à son grand regret, le patient venait de trépasser.

Le prince plutôt déçu, fit venir le médecin, et lui reprocha le décès de son premier malade. Le médecin ne perdit pas sa contenance et avoua au prince que délibérément, il avait occis le malheureux afin de protéger tout le reste de la population. Dès son arrivée, il compris que sa réputation entrainerait tant d’abus de nourritures et de boissons, qu’il n’était pas certain qu’il puisse parvenir à guérir les dérèglements engendrés par cette surconsommation à laquelle les gens s’apprêtaient à se livrer, délaissant toutes les règles archaïques de prudence, et ne se fiant qu’au génie du docteur-miracle. Désormais, doutant de ses capacités médicales, ils allaient retourner à leurs régimes ordinaires et respecter les consignes habituelles de santé.

Hachem donna la Tora aux bnei Israël, et mit à leur disposition en docteur génial, qui saurait réparer leurs fautes et leurs transgressions : le Temple, l’autel, les sacrifices, et le Cohen Hagadol. Quand les travaux se terminèrent, et que le grand prêtre fut intronisé, la communauté s’est réjouie de posséder un tel médecin, qui possédait tant de remèdes efficaces…Et leur allégresse devint ainsi un danger qui les fit rêver qu’à l’avenir, ils n’auraient plus besoin de faire attention. Il fallut alors extirper la confiance exagérée qui les gagnait : « Ne vous fiez pas à cette formule trompeuse : c’est le Temple d’Hachem… » (Yrmiya, 7-4). Dieu donc a provoqué la mort de Nadav et avihou, bien qu’il les aime énormément, se servant comme prétexte de la légère faute qu’ils commirent en introduisant un feu profane dans le sanctuaire. La justice divine n’a pas voulu tenir compte du mérite d’Aaron, le temple ne les a pas protégé.

Et ils sont devenus plus grands que Moché en personne, et Aaron leur père, à la manière d’un pauvre dont la maison a brulé, et qui amasse une fortune considérable aujourd’hui, grâce à la générosité des passants apitoyés en voyant la demeure sinistrée, et donnent chacun un petit quelque chose…Ils son devenus grands en suscitant la crainte chez tous les bnei Israël, comme il est écrit : « Tu apparais redoutable, ô Dieu, du fond de ton sanctuaire… » (Téhélim, 68-36). Le mot sanctuaire pouvant se lire en hébreu ‘mikdacheikha’ ou ‘mékoudacheikha’, sanctifiés par toi.

(Extrait, traduit et adapté du livre ‘Michlei Yaacov’)

Chabbat Chalom !

 

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