Paracha Emor

« Hachem dit à Moché : ‘‘Parle aux cohanim, fils de Aaron, et dis-leur que nul doit se souiller par le cadavre de l’un de ses concitoyens… » (Vayikra, 21-1)

A première vue «… Parle… », et « …Dis-leur… », semble être une répétition, ce qui est impossible, car rien d’inutile n’a jamais été écrit dans la Tora. En conséquence nos sages en conclurent (Traité ‘Yébamot ’, 114-a), que « …Dis-leur… »s’adresse aux Cohanim adultes, et leur signifie qu’ils doivent aussi se méfier de ne pas rendre impurs leurs fils, en les soulevant, ou en les transportant.

A propos de ce verset le ‘Midrach Rabba’ (Par. Emor, 21-1) commente : Pour les êtres supérieurs, qui ne sont pas soumis au mauvais penchant, il suffit d’une parole comme il est écrit : « Tel est l’arrêt décrété par les anges, et par la volonté (parole) des saints elle a été décidée… » (Daniel, 4-14), mais pour les créatures inférieures, qui sont soumises à leur mauvais penchant, il faut répéter deux fois le même avertissement en espérant qu’elles en tiendront compte. (Nous tenons à préciser ici que dans les éditions hébraïque et française du livre du Maguid de Doubno, ce Midrach est référencé au début de la section ‘Tsav’, et qu’il s’agit probablement d’une erreur d’imprimerie.)

Ce Midrach réveille certainement notre curiosité, si une parole ne suffit pas, comment deux paroles pourraient être plus efficaces ? Quelle différence y a-t-il entre un avertissement ou deux avertissements ? Notre Midrach aurait du dire : Pour les créatures inférieures, soumises à leur mauvais penchant, il faut les exhorter à de nombreuses reprises en espérant qu’elles en tiendront compte…

La forme grammaticale de la seconde injonction, « …Vé amarta… », qui est une conjugaison du passé transformée en futur à l’aide du ‘vav’ est également intéressante, lorsque l’on mesure la richesse de la langue hébraïque, et théoriquement il n’était pas vraiment nécessaire d’utiliser cette conversion, « Des pommes d’or dans des vases d’argent ajourés, telle une parole exactement à sa place.» (Michley, 25-11),et n’aurait il pas été plus juste que l’écriture s’exprime au futur directement ?

Une ‘parole’, c’est le mot qui désigne ce dont on parle, et sa ‘place’ c’est le sens que l’on veut lui donner. Une parole est donc choisie en fonction du sens que l’on souhaite faire entendre, si le sens est simple, on se sert alors du passé ou du futur, mais s’il s’agit de choses susceptibles de modifier le passé en avenir, ou l’inverse, on utilisera un mot qui peut contenir deux interprétations afin que la ‘parole’ et le ‘sens’ coïncident, comme dans l’allusion que fit Ychaya : « Qui parmi vous écoutera, tendra l’oreille et s’appliquera à comprendre pour l’avenir : Qui a livré Yaacov au saccage et Israël aux pilleurs, si ce n’est Hachem, car nous avons péché contre lui… » (42- 23,24).

Imaginons qu’un médecin défende à son patient de manger une certaine nourriture, si la personne suit les instruction de son médecin, et reste en bonne santé, celui-ci verra sa réputation grandir, du fait qu’il a su éviter le mal avant qu’il ne se produise, mais si la personne n’obéit pas aux conseils de son médecin, et devient malade, la mise en garde n’aura eu aucune utilité thérapeutique, et pourtant, elle aura une double influence sur le patient, d’une part il constatera que son médecin est capable, et d’autre part, il prendra désormais en considération ses ordonnances, comme Rachi nous l’enseigne au sujet du verset : « …Après la mort des deux fils d’Aaron… » (Vayikra, 16-1), lorsque le second médecin le prévient du danger, en lui disant ainsi tu ne mourras pas comme untel… Et ce patient agira sur son avenir en se rappelant son erreur du passé à la lumière de ce que son médecin lui prescrivit.

De cette manière, nos sages ont analysé ce verset : « Qui parmi vous écoutera, tendra l’oreille et s’appliquera à comprendre pour l’avenir… », puisque ces malheurs sont déjà survenus, voyez rétrospectivement « …Qui a livré Yaacov au saccage…si ce n’est Hachem, car nous avons péché contre lui… », ce sont les deux discours que le Midrach rapporte, une première parole pour prévenir de ne pas enfreindre un interdit, de crainte que l’avenir soit amer, et si cela ne suffit pas, il faut attendre que l’homme se repente en constatant les résultats de sa folie, et à ce moment il faut lui répéter la mise en garde, une deuxième fois et pas davantage, pour transformer le discours du passé en futur, « …Vé amarta… », toi aussi change son passé en futur par un rappel du contexte passé.

(Extrait et traduit du livre ‘Michley Yaacov’)

Chabbat Chalom !

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