Paracha Tazria

betail.jpg« … Quand une femme a conçu et enfanté un garçon… » (Vayikra, 12-2)

 

A propos de ce verset le Midrach Rabba (Par. Tazria, 12-2) écrit : « Il a fermé la mer avec des portes, quand elle s’élance en sortant de la matrice. » (Iyov, 38-8). Rabbi Eliézer dit : Comme il y a des portes à une maison, il y a des portes chez une femme… « Et il lui dit : tu iras jusque-là, pas plus loin… », ce sont les trois derniers mois de la grossesse ; « … Ici s’arrêtera l’orgueil de tes vagues (gal). (Ibid, 11), Rabbi Aïvou dit : par la faute de tes excréments (gall), puisque ce nouveau-né sort couvert de matières nauséabondes, et tous le serrent dans leurs bras et l’embrassent, surtout si c’est un garçon, c’est ce qui est écrit : « Quand une femme a conçu et enfanté un garçon…)

 

Tâchons de comprendre ce préambule à l’aide d’un exemple :

 

Un homme très fortuné accepta d’unir son fils à la fille d’un homme modeste. Les deux familles se rencontrèrent afin de déterminer les conditions de ce mariage, et convinrent que chaque côté donnerait ce qu’il pouvait en fonction de ses moyens financiers, c'est-à-dire que le riche fournirait à son fils de beaux vêtements, et le pauvre quelques habits ordinaires à sa fille, et qu’ils ne se jalouseraient pas, puis ils procédèrent à la cérémonie…

 

Cependant, au bout d’un laps de temps, voyant son époux vêtu de costumes seyants, la femme sembla devenir amère, et commença à faire des remarques désobligeantes à son mari : « Ne sommes-nous pas devenus en quelque sorte une seule et unique personne, pourquoi portes-tu de si beaux vêtements, tandis que j’ai l’air moi d’une misérable ? »

Ces discussions entamèrent la félicité du couple, et entrainèrent une mésentente qui dégénéra jusqu’à ce qu’un vieil homme vint leur faire la morale : « Comment oubliez-vous vos origines respectives ? Vous avez préparé et apporté votre garde-robe en fonction de vos possibilités personnelles…Pensez-y lorsque vous choisissez un habit, et cela coupera court à la haine entres-vous… »

 

Il ne nous est pas difficile de constater qu’il existe une différence grotesque entre nos besoins corporels et nos aspirations spirituelles et que nous sommes continuellement partagés dans cette lutte. On risque même de finir par protester : « Que veux-tu de nous ? Tu nous as soumis à des pulsions si nuisibles durant notre incarnation… »

Pourtant, nous devons reconnaitre que « les jugements d’HaChem … Sont parfaits, équitables tous ensemble … » (Téhilim, 19-10). Les forces de l’âme sont restées pures, mais celles du corps ont été influencées par la suite et sont la cause des complications que nous supportons. C’est l’homme qui s’est transformé, de Dieu, il ne vient aucun mal.

« … Tu iras jusque-là…Ici s’arrêtera l’orgueil de tes vagues. », signifie que par la faute des excréments, le nouveau-né sort couvert de matières nauséabondes, et que néanmoins, tous le serrent dans leurs bras et l’embrassent. Ceci nous enseigne sur la manière du créateur de procéder, en lui donnant des illusions qui permettent au monde de se perpétuer. En l’occurrence, les tissus du corps féminin sont imprégnés de sang et de souillures, et elle est l’objet de beaucoup de désirs ; l’enfant également sort de la matrice de sa mère couvert de saletés, et ses parents l’adorent déjà. Toutefois en grandissant, alors qu’il sera propre, leur amour se rétrécira au fur et à mesure, si bien qu’au bout, ils ne l’aimeront que modérément. Logiquement, en murissant il devient meilleur, et donc digne de plus d’affection, pourquoi Dieu rend-il la mère confuse à ce point ?

‘Par la faute de tes excréments’, la faute d’Adam a produit un sévère décret : « J’aggraverai tes labeurs et ta grossesse ; tu enfanteras dans la douleur… » (Béréchit, 3-16). Si le premier homme n’avait péché, la nature aurait permis que l’enfant naisse sans qu’il soit nécessaire de l’élever, mais maintenant il est impossible qu’il se passe de la compassion de ses parents. Ils doivent le prendre en charge totalement. Puis, il deviendra autonome, et leur amour faiblira lentement : « Tu iras jusque-là, et pas plus loin… », l’immense tendresse qui les oblige à assumer la charge du nouveau-né ne durera pas éternellement, ainsi que les sages (Rabbi Aïvou) l’expriment : ‘Par la faute de tes excréments’, les parents étant la cause de l’impureté du bébé, ils lui fourniront ce dont ils l’ont privé.

 

(Extrait et traduit du livre ‘Michelei Yaacov’)

 

Chabbat Chalom !

 

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