Paracha Chélah Lékha

« Envoie toi-même des hommes pour explorer le pays de Canaan…Vous enverrez un homme respectivement par tribu paternelle, tous éminents … » (Bémidbar, 13-2)

Rachi écrit : « Envoie toi-même des hommes… », envoie les de ta propre initiative… En effet, Rachi s’est vu forcé, en commentant le début de ce verset, de préciser que cet ordre, « envoie toi-même… », n’était pas vraiment une injonction impérative de la part d’HaChem, car il était déjà clair devant la volonté divine que rapidement les conséquences de l’expédition prouveraient l’esprit retors des explorateurs. (‘siphtey Hakhamim’). Les bnei Israël manifestèrent le désir de vérifier si la terre d’Israël correspondait à leurs ambitions, et ils chargèrent Moché de se concerter avec HaChem. Moché s’excusa et se justifia : Je leur ai dit qu’Israël est un bon pays « …Contrée ruisselante de lait et de miel. » (Chémot, 3-17). Afin de combler cette demande, HaChem répondit : « Si tu le souhaites, envoie toi-même des hommes… » (‘Rabeinou Béhayié’), et conclut : ‘Par leur vie, je leur donne le moyen d’échouer dans ce projet d’exploration, pour qu’ils perdent leurs droits d’hériter’ (Rachi).

L’expression ‘Je leur donne un moyen d’échouer’, mérite qu’on s’y attarde quelques instants. Si l’on comprend bien, Hachem semble dire, ‘Je ne les empêcherai pas de commettre un délit’, or l’une des conditions de la réussite de l’homme dans son service envers le Créateur, est justement l’aide que celui-ci lui apporte en le retenant de fauter, mais si HaChem, ne l’aide pas dans ce domaine, en éloignant certains risques, il est évident qu’en général, l’homme obéira à son mauvais penchant. Le Traité ‘Kiddouchin’(30-b) nous avertit : « Le mauvais penchant de l’homme l’emporte chaque jour, et sans le soutien d’HaChem, il ne peut rien contre lui ».

Ne soyons pas surpris, ce chapitre hebdomadaire, nous apprend qu’ils « Etaient tous des personnages considérables… » (13-3), importants et intègres (Rachi), et le Ramban, à la lumière du verset 4 démontre que les noms des douze émissaires furent cités selon leur rang et leur niveau de sagesse, et que Yeochoua Bin Noun, ne fut nommé qu’à la cinquième place, ce qui implique que les quatre premiers le dépassaient, pourtant, des justes d’une telle stature, eux aussi se perdirent parce qu’il leur manqua le secours de Dieu. Moché dut bénir spécialement Yeochoua Bin Noun, et Calev Ben yéfouné alla se prosterner sur le caveau des patriarches à Hévron, de peur que l’emprise de leurs camarades ne les détournent du but authentique de cette mission, que leur confia Moché, ramener des informations rationnelles sur les villes et mesurer les forces et noter les positions des défenseurs de la terre de Canaan, tant le danger de commettre une mauvaise action était grand.

En revanche, il faut nuancer et interpréter correctement ce qu’HaChem fit, et ne pas en déduire qu’il sema leur chemin d’embuches pour les conduire au précipice.

Seulement pour ‘celui qui vient se purifier’, il est dit ‘on l’assiste’, mais ‘celui qui vient se souiller’ on lui ouvre le portail’ (Traité ‘Chabbat’, 104-a), mais on ne l’assiste pas (‘Tossefot Chabbat’,104-a). Une personne qui va se promener en ville, vêtu d’un habit chic, et rentre chez lui sans avoir succombé aux tentations de la rue, sait pertinemment que grâce au ciel, il a pu y résister, HaChem est intervenu en sa faveur, et il n’a pas à se féliciter personnellement. L’homme doit toujours être dans le courant de ‘Je viens me purifier’.

Lorsque HaChem leur permis d’envoyer des hommes explorer, il n’y avait, en apparence, aucune sorte de faute dans leur requête, sinon, HaChem aurait répondu par la négative, toutefois, ils n’accomplissaient là nul commandement, à ta guise dit HaChem, « Envoie toi-même des hommes… », ils ne craignirent de s’en remettre à la providence, de confier leur destin à la nature, et ici se trouvent les prémices de leur faute, ‘celui qui vient se souiller, on lui ouvre le portail’, et ironiquement HaChem émit un avertissement, ‘Je leur donne le moyen d’échouer…’ beaucoup de portails vont s’ouvrir sur votre passage, vous permettre de vous souiller, faites ce qu’il vous plait, et c’est certain que vous glisserez, sans mon aide vous ne pouvez rien…

(L’essentiel de cette rédaction est extraite et traduite du livre ‘Daat Tora’)

Chabbat Chalom !

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