Paracha Matot

Desert4

« Moché parla aux chefs des tribus… Si un homme fait un vœu… » (Bémidbar, 30-2, 3)

 

Le Livre ‘Midrach Rabba’(Béréchit, 6O-3) rapporte que durant notre longue histoire, quatre personnages s’engagèrent par serment sans réfléchir aux conséquences… L’un d’eux, Iftakh fit un vœu en disant : « … Si tu livres en mon pouvoir les fils d’Amon, la première créature qui sortira de ma demeure au devant de moi… je l’offrirai en holocauste. » (Choftim, 11-30, 31), c'est-à-dire, et s’il sortait de sa maison au même moment un chien ou un âne, il aurait du le sacrifier ? Mais, ce fut sa fille, son unique enfant qui vint à sa rencontre (11-34), tandis qu’il rentrait chez lui après avoir battu les bnei Amon ! Au bout de deux mois son père accomplit le vœu qu’il avait prononcé.

 

L’évocation de ce drame ne manque pas de soulever une question : Mais, Pinhas n’était-il pas présent, et pourquoi ne put-il annuler la promesse d’Iftakh ?

C’est exact, en théorie… Le problème est que Pinhas s’est dit, Iftakh a besoin de moi, et donc, il doit faire le premier pas et venir me demander mon aide, et Iftakh, de son côté s’est dit, je suis le prince de toutes les tribus, est-ce moi qui doit me déplacer… ? Pendant ce temps, l’irréparable fut commis…

Cependant, nous nous heurtons encore ici à un écueil, car il est notoire que Pinhas était un sage et un juste de haut niveau et que la modestie était l’un des traits distintifs de son caractère, comment permit-il à l’orgueil de surgir soudain et de provoquer le sacrifice d’un être humain en se refusant d’aller auprès d’Iftakh ?

 

Ce tragique épisode nous enseigne que la raison pour laquelle Hachem délégua aux sages le pouvoir d’annulation d’un vœu repose sur le principe que les sages sont les dirigeants du peuple, et la condition qui autorise aux sages de délier une personne de sa promesse est que cette personne reconnaisse son assujettissement, et d’ailleurs de manière similaire, l’Ecriture prophétise également à l’épouse que son mari la dominera, afin qu’il lui soit permis et possible d’annuler son voeu.

Nous voyons ainsi, que si un individu accepte la dominance du sage, tant mieux, celui-ci pourra le délier de sa parole, mais si à l’inverse il méprise l’importance du sage et se refuse à admettre sa supériorité, il retire au sage la capacité d’intervenir et d’annuler n’importe quel serment. Et c’est ce qui à empêché Pinhas de se rendre chez Iftakh, malgré son désintéressement, puisque sa démarche aurait démontré en quelque sorte la faiblesse de sa position et  aurait été vouée à l’échec et sans validité juridique.

 

(Extrait et traduit du livre ‘Péer Mikédochim’)

 

Chabbat Chalom !

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