Paracha Matot

« Moché parla aux chefs des enfants d’Israël, en ces termes…Si un homme fait un vœu à Dieu, ou s’impose par serment quelque interdiction à lui-même, il ne peut violer sa parole : tout ce qu’a proféré sa bouche, il doit l’accomplir. » (Bémidbar, 30-2,3)

Moché avant sa mort réunit les princes des tribus pour leur apprendre certains commandements, et le premier commandement qu’il choisit en l’occurrence est : « …Tout ce qu’a proféré sa bouche, il doit l’accomplir. »

Pourquoi justement, ce commandement précis, est la question qui se pose, quel est le caractère particulier qui justifia sa prévalence sur les autres commandements ?

Cela n’est certainement pas un hasard, Moché savait pertinemment que ce commandement recèle une singularité spirituelle spécifique propre au peuple d’Israël, et il jugea qu’il était indispensable de commencer par ce chapitre.

A la différence de tous les commandements qu’HaChem nous a ordonné d’observer en respectant à la lettre leurs contraintes, permis ou interdit, ce commandement lié aux serments et aux vœux délègue à l’homme la possibilité de décider ce qui lui est autorisé ou défendu, par exemple s’il s’interdit de boire dorénavant du vin, son vœu à ce moment rentre en vigueur, absolument comme un commandement écrit de la Tora, et le vin lui devient semblable à de la viande impure. En vérité c’est une chose fantastique d’imaginer que la parole d’un homme qui s’interdit une jouissance quelconque, puisse valoir celle d’HaChem, à ce point.

Notre étonnement ne fera que croître, en lisant ce qu’un Midrach nous enseigne : « Israël ne peut violer sa parole, et les peuples le peuvent… », Qu’est-ce que cela change que ce soit un juif ou un non-juif qui profane sa promesse ?

A nous de comprendre le message de Moché, les mots que prononce un juif ont une puissance et une résonance remarquables, et sont dotés d’un pouvoir réel qui influence la création dans son ensemble. Quand un décisionnaire interdit à l’un des membres de sa communauté de commettre telle action, il n’est pas utile de se rendre chez le décisionnaire de la ville voisine, car il n’est pas en son pouvoir de délivrer une annulation de l’interdiction précédente, celle-ci a déjà pris consistance et s’est figée à la manière d’une interdiction d’absorber des nourritures impures…Le poids de la parole d’un juif est si impressionnant qu’il détermine et modifie par sa force la nature du sujet en question. En plein été, si un juif se trompe dans sa prière et demande qu’HaChem fasse tomber la pluie, à la place de la rosée, ici en Israël, en Egypte, en Syrie… Quels risques courons-nous ? Pourtant, nos sages conscients du danger ont préféré lui demander de recommencer sa prière dès le début…

« …Il ne peut violer sa parole : tout ce qu’a proféré sa bouche il doit l’accomplir. » HaChem a sanctifié Israël en lui permettant de fixer les saisons , les mois à chaque nouvelle lune, ce qui a une répercussion cosmique sur le système planétaire.

Le Tamud (‘Traité Kétoubot’ P.62) nous raconte que Rabbi Ynaï maudit son gendre par erreur, et provoqua son décès… Le Rav Elhanan Vassermam, s’interroge, que les bénédictions et les malédictions des justes s’accomplissent, soit !, il n’accomplissent que la volonté d’HaChem, mais là, où est la volonté d’HaChem, et pourquoi la malédiction se réalisa t’elle ? Force nous est de reconnaître, que même sans intention, une parole qui sort de la bouche d’un juste, œuvre jusqu'à des confins illimités.

( Rédigé par le Rav de Carmiel, Rabbi Elyihou Malka, et paru dans l’hebdommadaire ‘Michpaha’, et traduit par l’équipe de Pnei Israêl)

Chabbat Chalom !

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