Paracha Béréchit

new-47-1.gif« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. » (Béréchit, 1-1)

 

Le ‘Midrach Rabba’ (Béréchit, 1-1, Chap.3), soulève une question qui peut paraître surréaliste, mais qui est en réalité la base de toute notre foi : quel jour furent crées les anges ?

Rabbi Yohanan répond qu’ils furent crées le deuxième jour, et Rabbi Hanina lui rétorque que ce fut le cinquième jour. Cependant, ils sont entièrement d’accord qu’ils n’ont pas été crées le premier jour, de crainte qu’on ne dise, Mikhaël étendait le sud du ciel, et Gabriel le nord, tandis qu’HaChem mesurait le milieu, car au contraire : « … Je suis HaChem, l’auteur de toute chose, je déploie les cieux à Moi seul, j’étends le terre de moi-même. » (Yéchaya, 44-24). « …De moi-même… », se lit aussi (en hébreu) « …Qui est avec moi ?… », c'est à dire, personne ne me seconde.

Sur ce thème, il est écrit : « car tu es grand, et fécond en miracles, toi seul es Dieu. » (Téhilim, 86- 10). Généralement, un roi, de chair et de sang, est fier de son royaume, et ses dignitaires se réjouissent avec lui, puisqu’ils participent au succès de ses entreprises. HaChem, en revanche, a crée le monde seul, et seul il se flatte de la beauté de son univers.

 

Les rédacteurs de ce ‘Midrach’ (les sages d’Israël), font ici une allusion à une injonction de l’Ecriture : « Celui qui sacrifie à d’autres dieux que HaChem exclusivement sera voué à la mort. » (Chémot, 22-19). Le rambam, et les commentateurs, ont expliqué, qu’il a un risque que les êtres humains veuillent servir les légions célestes  qui se tiennent devant Hachem, et nous prodiguent tout ce qu’il nous destine de bon, tels des ministres qui accomplissent la volonté du roi (par définition, l’organisation terrestre est le reflet, de l’organisation céleste).

 

On se demande pourtant, que lui importe que nous honorions ses sujets les plus éminents, cette marque de respect ne devrait lui déplaire ?

 

Le roi d’un état ne parvient à maintenir la stabilité de son administration qu’à l’aide de son gouvernement, il n’est donc que justice que ses collaborateurs prennent part aux honneurs. Hachem, n’a nul besoin de quiconque, il n’y a ainsi aucune raison de glorifier les princes des armées célestes, comme vient l’enseigner ce ‘Midrach’, qui souligne que toutes les opinions se rejoignent pour admettre que ces anges n’ont pas été crées le premier jour, afin que nous sachions qu’HaChem seul doit être vénéré.

 

Si les anges n’aident en rien au gouvernement du monde, pourquoi ont-ils été crées ?

Un verset : « Tu n’auras pas d’autres Dieux que moi. » (Chémot, 20-3), contient un sous-entendu (‘ahérim-méahérim) : les anges retardent la distribution des bienfaits au monde.

 

Tout ce qui émane de Dieu, contient pour l’homme, une quantité insupportable de spiritualité,  les anges établissent un écran entre lui et la communauté humaine, et se répartissent à des paliers successifs, qui amoindrissent et affaiblissent l’intensité de l’émanation divine.

Cette utilité évidente ne les rend en tout cas pas dignes de recevoir des hommages particuliers !  

C’est un peu comme celui, qui assis en bout de table ne reçoit que les restes des plats, après que ses voisins se soient servis copieusement, si en plus il est aveugle, et ne se rend pas compte du manège, et remercie celui qui lui tend un plat contenant des miettes du festin, ses amis se moquent et lui disent : »Qui remercies-tu ? Untel, qui t’a tendu le plat ? Il a pris le meilleur pour lui-même ! Ou alors, tu le remercies de s’être approprié une part copieuse ? Remercie plutôt le maître de maison, c’est lui qui t’offre ce repas !

 

Les anges qui transmettent la bénédiction d’HaChem sont les premiers à jouir de l’ineffable sainteté qui s’en dégage ensuite progressivement, jusqu’à ce que l’abondante spiritualité ne devienne accessible à l’homme, sous la forme qui lui convient, et n’excède plus ce qu’il est capable de recevoir. A ces intermédiaires, faut-il être reconnaissant, ou à son instigateur ?

 

« Tu n’auras pas d’autres Dieux que moi » ! Ces médiateurs, que l’Ecriture nomme ‘élohim’ n’existent que pour retarder et atténuer l’impact de la bénédiction d’HaChem sur le monde, et il est impensable de le conférer la plus petite parcelle de révérence.

 

(Extrait et traduit du livre ‘Michelei Yaacov’)

 

Chabbat Chalom !

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