Paracha Vayigach

Les fils de Yaacov apprirent que leur frère était vivant, et revinrent d’Egypte annoncer cette bonne nouvelle à leur père. Pourtant, ils craignirent de lui révéler trop soudainement que Yossef n’était pas mort, et de provoquer un choc qui pourrait lui être fatal. Aussi ils eurent une inspiration en voyant Sérah, la fille d’Acher, qui venait à leur rencontre, et lui demandèrent de prendre ses instruments de musique, et de s’en accompagner pour fredonner une chanson à leur père, et d’inclure dans les couplets, que Yossef était vivant et vice-roi d’Egypte.

« Ils lui apprirent que Yossef vivait encore, et qu’il commandait à tout le pays d’Egypte. Mais son cœur restait froid, parce qu’il ne le croyait pas. Alors ils lui répétèrent toutes les paroles que Yossef leur avait adressées, et il vit les voitures que Yossef avait envoyées pour l’emmener, et la vie revint au cœur de Yaacov leur père. » (Béréchit, 45-26,27)

Rachi écrit :Yossef transmit pas l’intermédiaire de ses frères, un signe pour son père qui était un sous-entendu à propos d’un entretien qu’ils eurent ensemble avant sa disparition.

Rachi était-il présent, quand Yossef et Yaacov se virent pour la dernière fois ? Une flagrante contradiction dans le texte conduit Rachi à deviner la subtile allusion que Yossef destina à son père, en effet, on nous apprend que Yacoov ne croyait pas que Yossef fut vivant, puis, qu’il vit les voitures, et que la vie revint dans son cœur, c'est-à-dire qu’il crut ses fils. La clé de ce retournement est contenue dans le début du second verset qui dit : « Alors ils lui répétèrent toutes les paroles que Yossef leur avait adressées… ». Lorsque Yossef alla visiter ses frères qui faisait brouter leur troupeau (« Israël dit à Yossef : ‘Tes frères font paître les troupeaux à Chhem, viens donc, je veux t’envoyer près d’eux’…Il l’envoya ainsi de la vallée de Hévron… » Béréchit, 37-13,14), Yaacov l’accompagna un moment, et Yossef lui conseilla de revenir sur ses pas, mais Yaacov lui répondit qu’i n’avait pas le droit de l’abandonner seul en chemin, comme l’enseigne le séfer Dévarim (21-7) au sujet d’une génisse dont on a brisé la nuque en réparation d’un meurtre dont le coupable est inconnu, et quand le corps est découvert gisant dans un champs « Nos mains n’ont point répandu ce sang-là, et nos yeux ne l’ont point vu se répandre. » Rachi explique que bien entendu, les membres du tribunal ne se défendent pas, et ne sont pas soupçonnés d’avoir commis cet assassinat, mais ils insinuent qu’il aurait été plus sage d’accompagner l’étranger, aujourd’hui défunt et de surveiller sa progression aussi loin que leurs yeux pouvaient distinguer sa silhouhète (‘Divrey David’, voir d’autres propositions d’interprétations…)

Quoi qu’il en soit, le message devint clair pour Yaacov sitôt qu’il aperçut les voitures-agala en hébreu, et qu’il se souvint de la réplique qu’il donna à Yossef, il y a vingt deux ans en lui citant un verset du chapitre se référant au sacrifice de la génisse-égla aroufa en hébreu.

(Extrait et traduit des livres ‘Siftey hahamim’, qui accompagnent traditionnellement les commentaires de Rachi, et ‘Mesiah Ilmim’ qui propose des explications complémentaires sur les commentaires de rachi).

La maguid de Douvna pense que la dimension des voitures spacieuses convainquit Yaacov que Paro désirait vraiment sa présence et celle de toute sa famille en Egypte, car il se doutait que ce que Yossef proposait, ne pouvait être fait sans l’accord final de Paro. C'est-à-dire que Yaacov crut que Yossef était vivant, mais sa crainte reposait sur les vraies intentions de Paro. Quand il vit les voitures, il sut que Paro l’invitait véritablement à demeurer dans son pays, et « La vie revint dans son cœur ».

Shabat Chalom !

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