Paracha Vayichlah

new-47-1.gif« Yaacov envoya des messagers…Il leur avait donné cet ordre : vous parlerez ainsi à mon seigneur, à Essav…J’ai séjourné chez Lavan, et prolongé mon séjour jusqu’à présent. J’eus bœufs et ânes, menu bétail, esclaves males ou femelles, et je l’envoie annoncer à mon seigneur, pour obtenir grâce à tes yeux. » (Béréchit, 32-4,6)

 

Le début du verset « J’ai séjourné chez Lavan… », dans le cadre de la mission confiée aux envoyés de Yaacov, a éveillé la curiosité des commentateurs qui se sont demandé quel sens donner à cette phrase. L’interprétation de « J’eus bœufs et ânes… », est également difficile, car en général, on ne s’exprime ainsi que dans le cas d’un évènement qui s’est déroulé dans un passé très proche comme : « … Et la lumière fut. » (Béréchit, 1-3). Cependant, ici, il aurait été plus correct d’écrire : « … J’ai bœufs et ânes… »

 

D’ailleurs, pour comprendre ce passage, nous pouvons commencer par poser une question pertinente, comment Yaacov s’imaginait-il obtenir l’amitié d’Essav, en lui exposant l’ampleur de sa fortune. Il risquait au contraire d’exciter sa jalousie, et de lui  prouver la valeur conséquente de la bénédiction d’Ytshak.

Nous avons déjà évoqué à maintes reprises, les deux procédés selon lesquels, HaChem dirige le monde : d’une manière naturelle, ou d’une manière miraculeuse.

Yaacov dut s’enfuir devant Essav après avoir, en apparence, usurpé la bénédiction de leur père. Cela impliquait qu’il devienne un étranger, sur une terre étrangère. Toutefois, Ytshak, le bénit alors, en lui attribuant « … La bénédiction d’Avraham… » en le « … Faisant possesseur de la terre de tes pérégrinations, que Dieu a donné à Avraham. » (Béréchit, 28-4).

 

Quand un homme s’expatrie dans un pays lointain quelques années, et revient plus tard chez lui riche, nous devinons que sa réussite fut obtenue dans des circonstances normales, grâce à son acharnement, et à son sérieux. En revanche, s’il revient fortuné au bout de plusieurs mois seulement, on supposera qu’il lui est arrivé une aventure hors du commun. Mais, il peut se produire une autre possibilité, il restera longtemps aussi démuni qu’au départ, et soudain à la dernière minute, il découvre une mine d’or. Les personnes qui n’ont pas été témoins de ce prodige, penseront que sa fortune provient de ses affaires qu’il a progressivement fait fructifier de façon naturelle. Ne devra- t’il pas mentir un peu afin de ne pas encourager ses amis à l’imiter, ce qui serait surement sans espoir ?

 

Lorsqu’Essav constatera l’étendue des richesses de Yaacov, il se souviendra amèrement des bénédictions que son frère reçu, et il le poursuivra de nouveau. Pourtant Yaacov sait que ces bénédictions ne l’ont pas aidé, et qu’en réalité, sa fortune est d’origine surnaturelle, « Si le Dieu de mon père, le Dieu d’Avraham et celui que révère Ytshak, ne m’était venu en certes, actuellement tu m’aurais laissé partir les mais vides. » (Béréchit, 31-42), et qu’Essav n’a aucune raison de le haïr en prétextant ces bénédictions.

Voici ce qui signifie : « … Vous parlerez ainsi à mon seigneur, à Essav : J’ai séjourné chez Lavan et prolongé mon séjour jusqu’à présent. » En vain. Mais « J’eus bœufs et ânes… », ce n’est qu’à la fin que la chance m’a souri miraculeusement, « … Dieu a vu mon humiliation et le labeur de mes mains, et il s’est prononcé hier. » (Béréchit, 31-42), Essav devrait donc s’apercevoir que les bénédictions n’ont pas influencé mon destin, et c’est pourquoi, « … Je l’envoie annoncer à mon seigneur pour trouver grâce à tes yeux. » 

 

(Extrait et traduit du livre ‘Michlei Yaacov’)

 

Chabbat Chalom !

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