Paracha Béchalah

« Moché répondit au peuple : ‘‘soyez sans crainte ! attendez, et vous serez témoins de l’assistance qu’hachem vous procurera en ce jour ! certes, si vous avez vu les égyptiens aujourd’hui, vous ne les reverrez plus jamais. Hachem combattra pour vous ; et vous tenez-vous tranquilles !’’ » (Chémot, 14-13, 14)

En introduction à l’explication que nous proposons cette semaine, nous devons préciser que toute la Tora donnée dans la langue hébraïque, fut traduite en araméen, et cette version n’était pas simplement une traduction littérale, mais aussi un ensemble de commentaires qui aidait les juifs de Bavel, ou d’ailleurs, ne parlant que l’araméen, à comprendre surtout, le sens profond des chapitres lus en public chaque chabbat.

Les commentateurs ont disposés, et leurs successeurs disposent encore de nos jours, de deux traductions officielles, traditionnelles, pour les aider dans leurs recherches, à distinguer plus clairement l’intention réelle de l’écriture, lorsque soumis au doute, entre plusieurs approches possibles, aux nuances sensiblement différentes, ils devaient, ou doivent élucider, un mot, selon sa racine authentique, remonter dans le temps et placer évènement dans sa juste chronique, ou trouver des arguments afin de justifier l’une de leurs thèses, en désaccord avec d’autres opinions. Ces deux principales traductions sont :

-la traduction d’Onkolous ;

-et la traduction de Yonathan Ben Ouziyel.

Et, justement, le livre ‘Gan-Ravé utilisant la traduction de Yonathan Ben Ouziyel, afin d’interpréter correctement notre verset, révèle en effet, qu’au bord de la mer des joncs, lorsque les égyptiens s’apprêtaient à les attaquer, les enfants d’Israël se divisèrent en quatre catégories, chacune défendant sa propre stratégie face au danger :

Le premier groupe dit, « Tombons dans la mer, car de toute façon, nous sommes condamnés par le ciel, et mieux vaut périr noyé, que mourir de la main des égyptiens… »

Le second groupe dit, « Retournons en Egypte, puisque nous devons mourir, autant être tués par nos bourreaux, plutôt que de périr dans la mer… »

Le troisième groupe dit : « Venez battons-nous… »

Le quatrième groupe, et ce sont les plus intègres, dit, « Nous devons crier et implorer Hachem, et il nous sauvera ! »

Maintenant, que Yonathan Ben Ouziyel nous a informés de l’existence de ces quatre partis, nous n’aurons pas de peine à nous apercevoir, que quatre réponses sont contenues dans les propos que Moché tint à son peuple :

Au premier groupe, il réplique : « Soyez sans crainte ! attendez, et vous serez témoins de l’assistance qu’hachem vous procurera en ce jour ! »

Au second groupe, il prophétise : « Certes, si vous avez vu les égyptiens aujourd’hui, vous ne les reverrez plus jamais. »

Au troisième groupe, il conseille : « Hachem combattra pour vous ; »

Et au quatrième groupe, il confie : « Vous, tenez vous tranquilles ! », Hachem vous chéris, et il vous sauvera !

Pourtant, remarque le Rav Aaron Zakay, bien qu’Hachem promit à son peuple qu’ils ne verraient plus les Egyptiens, « …Vous ne reverrez plus jamais… », il est écrit qu’ils les virent à nouveau : « …Israël vit l’égyptien gisant sur le rivage de la mer » (Chémot, 14-30).

Rabbi Hizkiel Landa, l’auteur d’un ouvrage très important, de questions-réponses, ‘Noda Byéhuda’, et juge suprême du tribunal juif de Prague, se fit déjà connaître dès l’adolescence, comme un élève assidu spécialement doué. Résident dans la ville d’Efta, il étudiait sous la direction de Rabbi Ytshak Eyzik de Loudmir.

A ce moment un cas intéressait particulièrement les sages de Pologne : deux frères ayant associés leurs affaires, et collaborant depuis des années dans un climat de confiance parfait, tout à coup, se disputèrent et se mirent à se détester, au point qu’un des frères jura solennellement, que jamais plus ils ne se reverraient.

Son frère décéda des suites d’une grave dépression, certainement causée par la déception qu’il éprouva en entendant la promesse que l’autre fit.

Désolé, et touché par le remords, le frère du défunt souhaita se rendre auprès du lit du mort, rendre ses derniers hommages, et demander pardon, mais tenu par son serment, il dut aller chez les décisionnaires de la ville afin de s’enquérir s’il pouvait visiter son frère trépassé, malgré ce qu’il s’était promis au temps de leur dispute.

Les sages débattirent ensemble autour de ce problème, et le jeune Rabbi Yhzkiel Landa entendit des points de vue qui convergeaient vers des passages du Talmud, et les résultats lui parurent trop obscurs. Il se confia à son Rav, qui participait également aux discutions, et celui-ci lui commanda d’exprimer le fond de sa pensée. IL s’exécuta : « L’autorisation dont vous avez besoin, se trouve textuellement écrite dans la Tora, Hachem promit aux hébreux qu’ils ne verraient plus les égyptiens, cependant, après la traversée de la mer rouge, ils virent leurs corps sur la jetée…Nous devons en déduire, que lorsque nous voyons le cadavre d’un être humain, nous devons considérer que nous ne le voyons pas vraiment, nous pouvons ainsi confirmer et qu’il n’y a pas de violation du serment de ne plus jamais le voir ».

(Extrait et traduit du livre ‘Torat Haparacha’)

Shabbat Chalom !

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