Paracha Bo

--18.jpg« Rends-toi chez Paro… » (Chémot, 10- 2)

 

Les bnei Israël se trouvent sous le joug féroce de Paro et sont astreints à un esclavage sans merci. Pourtant lorsque l’on se penche sur les témoignages que nous ont légués nos sages, on s’aperçoit que cet esclavage ne toucha pas tout le peuple d’Israël, et qu’en effet la tribu des Lévi fut exemptée des travaux forcés. Cette découverte peut-être troublante car n’est-il pas écrit : « Sache-le bien, ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et opprimée durant quatre cent ans. » (Béréchit, 15-13), et cette prophétie semble s’appliquer à la descendance d’Avraham sans restriction. Or, s’il en est ainsi pourquoi les bnei Lévi en furent ils dispensés  ? De plus, notre étonnement s’accroit quand nous apprenons que cet exil n’était pas du à une faute mais au contraire, devait remplir l’objectif d’affiner et d’épurer les âmes du peuple d’Israël, et donc, encore une fois, pourquoi la tribu des Lévi échappa à cette décapante thérapie ?

 

Afin de clarifier ce problème, examinons  ce que nous dit le livre du ‘Zohar’ à propos du verset ; « Ils leurs rendirent la vie amère par des travaux pénibles sur l’argile et la brique, par des corvées rurales… » (Chémot, 1-14), ‘les travaux pénibles’ sont les difficultés de compréhension et les contradictions de l’enseignement de la Tora ; ‘l’argile’ (homer), ce sont les comparaisons que l’on appelle ‘kal (simple, léger) va homer (dur, important)’ du genre, si les bnei Israël ne m’ont pas écouté, raison de plus que Paro ne m’écoute pas… ; ‘les briques’ c’est l’élucidation des lois ; et ‘les corvées rurales’ sont les braïtots ( explications des michnaiotes).

Nous voyons d’après l’interprétation du ‘Zohar’ que l’esclavage n’était pas seulement physique comme nous pourrions le penser selon une première analyse, mais pouvait également être une contrainte spirituelle consistant à se livrer à l’étude de la Tora. Hachem décréta que le peuple d’Israël devait être soumis à l’esclavage, mais les bnei Lévi préférèrent choisir leur propre manière d’obéir à cette décision, et s’attelèrent à une activité spirituelle.

En conséquence, nous devinons ce que clame Yéov : « L’homme est né pour la douleur…» (5-7), signifie que rien ne prouve que cette souffrance doit particulièrement se porter dans tel domaine ou tel autre…

L’esclavage des Lévi était un esclavage d’ordre spirituel, ils s’asseyaient, révisaient et rabâchaient les concepts de la Tora avec l’intention d’éclairer les aspects cachés et les secrets de la Tora, et parfois même utilisaient les connaissances de leurs frères pour parfaire leur savoir, bien que l’état moral de ceux-ci entravait fort leurs capacités de se concentrer quelques instants, et il est inutile de dire que leur unique souci était de vaquer à leurs occupations physiques.

 

Rabbi Yohanan illustre parfaitement cette peine que les sages sacrifient jour après jour ; il perdit dix de ses fils et surmonta son chagrin, mais la mort de Reich Laquich, son disciple qui partageait son temps d’étude, lui fit presque perdre la raison, au point que ses amis prièrent pour qu’il meure enfin. Ce fardeau et cette abnégation sont l’exemple que les sages nous ont légué et qui démontre que l’esclavage des bnei Lévi était un réel esclavage.

 

(Extrait et traduit d’après un texte du livre ‘Chalom LéIsraël’)

 

Chabbat Chalom !

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