Paracha Bo

« Moché et Aaron furent appelés auprès de Paro, qui leur dit : ‘‘Allez servir Hachem votre Dieu ; quels sont ceux qui iront ?’’ Moché répondit : ‘‘nous irons jeunes et vieillards ; nous irons avec nos fils et nos filles, avec nos brebis et nos bœufs…’’Il leur répliqua… » (Chémot, 10-8,9,10)

Moché comprit que Paro n’avait pas l’intention de laisser les enfants sortir d’Egypte pour aller sacrifier en l’honneur d’Hachem dans le désert. Dès lors, pourquoi répondit-il à sa question, «…Nous irons jeunes et vieillards… » ?

Il semble qu’il soit possible de clarifier cette apparente obstination en étudiant ce que le ‘Hatam-Sopher’ nous fait remarquer à propos d’un verset semblable, quand Paro exige de Moché : « …Seulement, que votre menu et gros bétail demeurent… », et Moché à nouveau répond : « …Notre bétail ne nous suivra pas moins… » (Chémot, 10-24,26). Textuellement Paro s’oppose à ce qu’ils conduisent avec eux leur bétail, et désire qu’ils le laissent en Egypte.

Le ‘Hatam-Sopher’ explique que même si Moché avait accepté d’abandonner le troupeau, le bétail destiné à la vente, et non à la consommation, aurait accompagné de son plein gré le peuple d’Israël dans le désert afin d’y être sacrifié en l’honneur d’Hachem. La volonté farouche des enfants d’Israël de se rapprocher de Dieu produit une influence bénéfique sur le bétail également, ainsi que le raconte le Midrach Chimony, lorsque le prophète Elyahou demanda aux prophètes de Baal de choisir deux taureaux, et de tirer au sort celui qu’ils sacrifieraient à leurs idoles, et celui qui serait destiné au ‘K ‘B’Hou, et ils virent que le taureau d’Elyahou le suivait pas à pas, et tous les assistants l’entendirent proclamer qu’il était fier de sanctifier le nom divin, tandis que l’autre bovin se refusait simplement de bouger, comme cloué au sol, paralysé par la honte qui lui avait été réservée. Les élèves du Tana Pinhas Ben Yahir, témoignèrent aussi que l’âne de leur maître, acquis quelque sagesse et un peu de la crainte de Dieu de son propriétaire.

Et ce ne sont pas ces deux versets du sépher Téhélim qui contrarieront la thèse du ‘Hatam-Sopher’ : « Ah ! Dans ta bienveillance, daigne restaurer Tsion…Alors on présentera des taureaux sur ton autel. » (Téhilim, 51-20,21), qu’il faut interpréter, quand la connaissance resplendira dans le monde, volontairement les taureaux viendront tendre leurs cous sur l’autel.

C’est l’allusion que fit Moché à Paro : «…Nous irons jeunes et vieillards… », malgré ce que tu prétends, que ce n’est pas la coutume de convier des enfants à des sacrifices, nous ne pourrons les retenir, du fait qu’ils désirent personnellement assister à notre fête, et servir Hachem.

L’influence de l’impureté peut contaminer une génération complète, comme la génération du déluge, dont les bêtes également, copièrent les actes anormaux des humains, et à l’inverse une atmosphère pieuse, et des comportements sains et équilibrés peuvent avoir une résonnance sur la jeunesse, au point de la motiver à imiter les adultes dans leur religiosité.

La tante du Rav Zilberchtein conta que dans sa ville de Gouborona, à l’époque de la Shoa, un vendredi, les allemands obligèrent tous les habitants juifs, femmes enfants, et vieillards compris, à se rassembler dans la synagogue, construite en bois, et leur promirent d’y allumer sous peu un brasier géant. Dehors les soldats encerclèrent l’édifice, et menacèrent de s’occuper sérieusement de ceux qui seraient tentés de sortir du piège.

Rabbi Yohel, le boulanger de la communauté, se souvint des miches de pain, qu’il fit cuire de bon matin, en prévision du Shabbat. Evidemment, elles étaient restées dans son four, et il pensa que c’était vraiment dommage. Il décida d’aller les récupérer, et de les partager avec ses compagnons de supplice. Il s’enfuit quelques minutes de la synagogue, une vibrante prière sur les lèvres, au bout du compte, il ne souhaitait qu’associer tous les juifs présents et condamnés à une mort atroce, à une grande mitsva, bénir le pain, et le manger en souvenir des sept jours de la création…

Grâce à Dieu, il revint chargé de pains frais et croustillants. Il les rompit, et partagea les petits morceaux entre tous. Personne n’en crut ses yeux, la joie dissipa la panique, et pratiquement ils oublièrent leur situation tragique. Ils se lavèrent les mains et mangèrent.

Soudain, un officier jaillit de quelque part, et ordonna aux soldats de quitter sur le champ la ville, et de le suivre vers une destination lointaine. Les nazis, frustrés de l’holocauste qu’ils s’apprêtaient à commettre, essayèrent de plaider leur cause, et de convaincre ce gêneur, qu’ils pouvaient bruler ces juifs, si rapidement, qu’il ne s’en apercevrait à peine, mais l’officier ne céda pas, il leur commanda de grimper dans les camions, et la troupe maudite disparut.

L’exploit qu’accomplit Rabbi Yohel, modifia beaucoup la mentalité des participants à ce retournement incroyable, et la communauté sut désormais respecter les commandements avec ferveur et fidélité.

(Extrait et traduit du livre ‘Alenou Léchabéah’)

Shabbat Chalom !

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