Paracha Tetsavé

« Et toi, tu ordonneras aux enfants d’Israël… » (Chémot, 27-20)

On observera que le nom de Moché ne figure pas tout au long de ce chapitre, or depuis sa naissance, il n’y a pas de section où son nom ne soit mentionné (en dehors de ce que l’on appelle ‘Michné Tora’) et l’une des raisons de cette abstention se trouve peut-être dans l’une des recommandations que fit Moché (Chémot, 32-32) : « Et pourtant, si tu voulais pardonner leur faute !...Sinon efface-moi du livre que tu as écrit. » (‘Baal Hatourim’)

Quoi qu’il en soit, on peut se demander, pourquoi justement dans cette paracha, le nom de Moché semble oublié ?

Généralement, et traditionnellement, la date du décès de Moché, le 7 du mois d’Addar selon le calendrier juif, tombe durant la semaine consacrée au chapitre ‘Tetsavé’ et Hachem qui n’ignore rien du passé, du présent, ni du futur, intentionnellement exclut le nom de Moché nous signifiant ainsi, que même si sa présence matérielle est ensevelie avec son corps, nous devons toujours nous remémorer la puissance de sa spiritualité qui lui permit de recevoir la Tora, de nous l’enseigner, en nous laissant un souvenir très fort de sa sainteté, et de sa rectitude, comme si, il était en fait encore vivant (‘Divrey Eliahou de Vilna’)

« Et toi, tu ordonneras aux enfants d’Israël… » (Ch.27-20)

On raconte à propos de Rabbi Israël de Salente, que sa mémoire soit bénie, une anecdote qui devrait nous permettre de mieux comprendre l’intention de l’écriture, quant elle emploie le pronom personnel ‘toi’ :

Un des étudiants du Rabbi vint prendre conseil auprès de lui, « Je voudrais me rendre en Allemagne et prêcher un peu de moral aux communautés juives de la région, et tenter de les ramener dans le droit chemin… », Rabbi Israël répondit : « Et en Russie, tu as déjà fini ? » L’étudiant réfléchit et dit : « Non, le Rav a raison, si c’est comme ça, je vais aller en Russie ! », Rabbi Israël, poursuivit, « Et en Pologne, tu as déjà fini ? » L’étudiant cru saisir l’allusion et dit : « Non bien sur ! Ah, je vais donc aller en Pologne… » Rabbi Israël révéla le fond de sa pensée, « Mais dans ta ville natale, Radine, tu as déjà fini ? Et ta famille, l’a-tu ramenée dans le bon chemin ?, et toi, personnellement, où en es-tu ? » En rougissant, l’étudiant admis, qu’il lui faudrait certainement commencer par le commencement…

« Et Toi… », signifie qu’au préalable les êtres humains doivent considérer leurs propres attitudes, et s’efforcer de redresser leurs défauts pour servir d’exemples et de modèles aux autres hommes, et alors il leur sera permis «…D’ordonner aux enfants d’Israël… », et c’est ce que le Talmud nous apprend (Traité Baba-Metsia, 107-b) : ressaisis-toi d’abord, puis transforme les autres… ! (Maguid de Yérouchalaïm, Harav Youdelbits)

« …De te choisir une huile pure d’olives concassées… » (Chémot, 27-20)

Quel sous-entendu se dissimule derrière le mot ‘te’, en effet, il serait plus correct de dire, «…Tu ordonneras aux enfants d’Israël de choisir une huile pure…» ?

Dans la mesure, où la Tora demande à Moché de choisir une huile pure, il faut interpréter cette sollicitation, en tenant compte, qu’il est presque impossible de produire de l’huile vraiment pure, et vierge de tous dépôt, la pureté de l’huile ne sera que relative, car il n’y a pas moyen de l’affiner totalement, et c’est en connaissance de cause qu’il est écrit : « …De ‘te’ choisir…», c'est-à-dire, lorsque l’huile ‘te’ paraitra suffisamment pure, à tes yeux, elle correspondra aux critères que je te fixe, et il n’est pas nécessaire qu’elle réponde réellement au concept de pureté tel que le ciel l’entend. (‘Kol Yéhuda’)

(extrait et traduit du livre 'Torat Haparacha')

Shabbat Chalom !

 

1 vote. Moyenne 4.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site