Paracha Vaéra

 

« …Quoi ! Les enfants d’Israël ne m’ont pas écouté, et Paro m’écouterait, moi qui ai la parole embarrassée ! » (Chémot, 6-12)

Afin de saisir la signification exacte de ce verset, le ‘Hatam-Sopher’ nous livre le sentiment que la crainte de Moché fut qu’ au contraire, Paro, peut-être effrayé devant la menace que faisait peser le ‘K ‘B ‘Hou sur son peuple et sur son pays, ne l’écoute, et alors la colère de Dieu se retournerait contre les juifs, fils d’Avraham, Ytshak, et de Yaacov, qui ne se seraient pas convaincus que Dieu, par l’entreprise de Moché leur apporte enfin la délivrance, et Paro, lui, roi d’Egypte, qui se considère comme une déité, et qui collabore avec tous les magiciens et les sorciers de son royaume, accorderait son crédit à la promesse divine, transmise par un homme qui bégaie !

Un exemple de ce genre nous est conté dans les ‘Pirkei de Rabi Elyézer’. Lorsque Dieu commanda au prophète Yona de se rendre dans la ville de Ninvé, et de ramener les gens de cette contrée vers des voies plus conformes à Ses lois, Yona se sauva, et les marins et les passagers de la frégate sur laquelle il se trouvait, le jetèrent à la mer pour conjurer les vents violents qui menaçaient leur navire, et une baleine l’avala…

Les commentateurs expliquèrent qu’il ne fallait pas en déduire, que Yona avait fait preuve d’indiscipline, mais que, conscient de la situation catastrophique sur le plan spirituel que connaissait le peuple d’Israël, il avait préféré fuir, et ne pas aller aider des non-juifs à se repentir, et ne pas provoquer ainsi une différence de jugement dans la balance entre les deux peuples…

L’interprétation correcte du verset est donc, comment cela se finira si Paro m’écoute, moi le messager dont l’élocution est si difficile, et eux les enfants d’Israël ne m’écoutent pas.

Un soir en se promenant avec secrétaire, Rabi Israël de Venise, que son souvenir soit béni, se dirigea vers la demeure du directeur de la banque locale. Celui-ci, ne faisant pas partie des fidèles du Rabi, s’étonna de cette visite curieuse. Cependant, il les fit asseoir, leur servit des rafraichissements, et n’osa pas interrompre le silence que garda le Rabbi durant tout le temps de sa présence chez le banquier, par des questions inopportunes et malséantes.

Puis, le Rabbi se leva, suivi de son secrétaire, et sortit. Leur hôte insista pour les raccompagner, et en chemin, il ne put se retenir d’interroger le Rabbi sur les motifs de sa venue jusqu’à son domicile. Le Rabbi lui répondit : « Nos sages ont dit que de même qu’il faut dire une chose qui sera entendue, c’est aussi un commandement de ne pas dire une chose qui ne sera pas entendue, mais si j’étais resté chez moi, et toi te trouvant chez toi, quel commandement aurais-je accompli ? »

Le directeur de la banque sursauta : « Et, si justement, j’étais prêt à écouter ? »

« Non, dit le Rabbi, c’est sur que non ! »

Le notable ne céda pas, et supplia le rabbi de lui confier le sujet de l’entretien, qu’il considérait comme une mitsva de ne pas lui en faire part. Acculé le Rabbi lui révéla qu’une des clientes de la banque, veuve et très pauvre, devait une forte somme à la banque, qu’elle ne pourrait jamais rembourser, et que prochainement, les huissiers allaient lui saisir sa maison, et la vendre aux enchères, et s’il avait pensé qu’il y avait une possibilité que le banquier l’écoute, il aurait proposé de purement et simplement rayer la dette de cette veuve, mais comme il était certain de ne pas être écouté, il avait accompli la mitsva de ne pas dire une chose qui ne sera pas entendue.

Le banquier se justifia, les fonds de la banque ne lui appartenaient pas personnellement, il gérait des biens publics, et ne pouvait disposer des comptes, selon sa fantaisie…

« C’est ce que j’ai voulu dire, quand je t’ai parlé de ce commandement, ne dis pas une chose qui ne sera pas entendue… »

Plusieurs jours plus tard, le banquier paya de ses propres deniers la dette de la veuve.

(‘Torat Haparacha’)

Devinant l’inquiétude de Moché, le ‘K ‘B ‘Hou, lui « Donna des ordres pour les enfants d’Israël et pour Paro…Afin de faire sortir les enfants d’Israël d’Egypte. », c'est-à-dire que sous la contrainte, et non par soumission, Paro libérerait les Hébreux, que Moché se rassure.

 

Rabbi Yaacov Koufal Ryieck de Budapest enseigna à son fils, qu’en préparant une dissertation toranique, il retenait de l’expression : « …Moi qui est la parole embarrassée ! » qu’il lui fallait énormément se méfier des mots qu’il ne devait pas dire, et qu’il concentrait toute son attention à ne pas dire tout ce qu’il aurait aimé dire… (‘Torat Haparacha’)

Shabbat chalom !

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